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Décision

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Lussier c. Ordre des opticiens d'ordonnances du Québec

2011 QCCS 6774

JM0822

 
 SUPERIOR COURT

(Criminal Division)

CANADA

PROVINCE OF QUEBEC

DISTRICT OF

LONGUEUIL

 

No:

505-36-001445-115

 

 

 

DATE:

DECEMBER 15th, 2011

______________________________________________________________________

 

PRESIDING:

THE HONOURABLE

MR. JUSTICE J. FRASER MARTIN, J.S.C.

______________________________________________________________________

 

 

LUSSIER, GENEVIÈVE

Petitioner

v.

 

ORDRE DES OPTICIENS D'ORDONNANCES DU QUÉBEC

Respondent

 

 

______________________________________________________________________

 

JUDGMENT

______________________________________________________________________

 

[1]           The Appellant inscribes in Appeal from a decision of the Court of Quebec rendered on February 25th, 2011 by Monsieur Marc Renaud, juge de paix magistrat, finding her guilty of the following infraction:

"À Boucherville, le ou vers le 2 octobre 2008, a exercé illégalement la profession d’opticien d’ordonnances en procédant à l’ajustement de lentilles ophtalmiques pour le bénéfice de Sylvain Paquet en effectuant des ajustements aux dites lentilles lors de leur livraison, alors qu’elle n’était pas titulaire d’un permis valide et approprié et qu’elle n’était pas inscrite au tableau de l’Ordre des opticiens d’ordonnances du Québec, contrevenant ainsi à l’article 32 du Code des professions (L.R.Q. c. C-26) ainsi qu’aux articles 8 et 15 de la Loi sur les opticiens d’ordonnances (L.R.Q., c. O-6), se rendant ainsi passible d’une amende prévue à l’article 188 du Code des professions (L.R.Q. c. C-26). "

[2]           In his decision the first judge also dismissed a petition presented on behalf of the Appellant seeking a Stay of Proceedings as a consequence of abuse of process on the part of the Respondent. The basis of the petition was the alleged "entrapment" of the Appellant by the Respondent, through its agent Paquet in the course of the investigation that resulted in the charge in question being laid. 

[3]           The grounds of Appeal are stated succinctly at paragraph 5 of the Avis d'appel in the following terms:

"L'Appelante/Défenderesse désire en appeler de ce jugement, et ce, pour les motifs suivants:

(i)      Le juge a erré en droit en appliquant le mauvais fardeau de preuve, en concluant que l'Appelante/Défenderesse avait, le ou vers le 2 octobre 2008, ajusté des lentilles ophtalmiques, alors que l'intimé n'a pas fait la preuve hors de tout doute raisonnable de la commission de l'infraction;

(ii)     Le juge a erré en droit en occultant complètement de son analyse la demande d'arrêt des procédures formulée par l'Appelante/Défenderesse fondée sur l'abus de procédure en raison des motifs ultérieurs qui animaient l'Intimé/Poursuivant lorsqu'il a déposé les accusations portées contre l'Appelante/Défenderesse."

[4]           At the outset I must echo the first judge in recording my gratitude to counsel for the thorough and meticulous manner in which this Appeal was presented with regard both to the written submissions and to the oral pleadings. While I am aware that this is not the first time that the issues raised here have come before this Court each case is dependent upon its particular facts.

[5]           I have reviewed at length the comprehensive decision rendered by the first judge following three days of hearing together with the transcription of the evidence presented before him together with the exhibits filed in the course of the hearing. In addition I have had the opportunity to consider the written submissions together with the case law referred to by both parties in their written pleadings.

[6]           Perhaps a word is in order concerning the background of this litigation. As I have stated this is not the first time fallout from the ongoing dispute between the l'Ordre des Opticiens d'Ordonnances du Québec and l'Ordre des Optométristes du Québec has come before the Court. Nor do I suppose that it will be the last. There are however a number of underlying issues that ought to be put in proper perspective at the outset.

[7]           In my respectful view these questions, interesting though they may be, must not be permitted to overshadow these proceedings or to dictate or influence the outcome. The issues before the court are quite straightforward. For the reasons, which I will attempt to articulate in the course of this decision, the ongoing dispute between the two Orders are only pertinent in order to explain the background against which the events giving rise to these proceedings occurred.

[8]           The recurring theme throughout the Appellant's argument is that she is no more than a pawn in a much wider guerrilla war that has been being waged between the Orders Dispensing Opticians and the Optometrists in Quebec for a number of years. While this argument may merit some comment with regard to the issue of "abuse of process" it is, in my view, of no moment with regard to the question of whether or not the Appellant contravened Article 8 of la Loi sur les opticiens d'ordonnances, L.R.Q. c. O-6, on October the 2nd, 2008. 

[9]           I should also point out that there is no dispute between the parties as to the meaning of the word "adjustment" as it is used in the statute. The sole issue concerns whether or not the manipulations undertaken by the Appellant in the course of the delivery of the glasses previously ordered by the investigator Paquet constituted an "adjustment". That is then purely a question of fact.

[10]        In the course of their submissions the parties have referred extensively to the legislative dispositions applicable to this matter. It will be helpful to reproduce these various extracts at this juncture.

Code des professions, L.R.Q., c. C-26

23. Chaque ordre a pour principale fonction d'assurer la protection du public. À cette fin, il doit notamment contrôler l'exercice de la profession par ses membres.

26. Le droit exclusif d'exercer une profession ne peut être conféré aux membres d'un ordre que par une loi; un tel droit ne doit être conféré que dans les cas où la nature des actes posés par ces personnes et la latitude dont elles disposent en raison de la nature de leur milieu de travail habituel sont telles qu'en vue de la protection du public, ces actes ne peuvent être posés par des personnes ne possédant pas la formation et la qualification requises pour être membres de cet ordre.

32. Nul ne peut de quelque façon prétendre être avocat, notaire, médecin, dentiste, pharmacien, optométriste, médecin vétérinaire, agronome, architecte, ingénieur, arpenteur-géomètre, ingénieur forestier, chimiste, comptable agréé, technologue en imagerie médicale ou technologue en radio-oncologie, denturologiste, opticien d'ordonnances, chiropraticien, audioprothésiste, podiatre, infirmière ou infirmier, acupuncteur, huissier de justice, sage-femme ou géologue ni utiliser l'un de ces titres ou un titre ou une abréviation pouvant laisser croire qu'il l'est, ou s'attribuer des initiales pouvant laisser croire qu'il l'est, ni exercer une activité professionnelle réservée aux membres d'un ordre professionnel, prétendre avoir le droit de le faire ou agir de manière à donner lieu de croire qu'il est autorisé à le faire, s'il n'est titulaire d'un permis valide et approprié et s'il n'est inscrit au tableau de l'ordre habilité à délivrer ce permis, sauf si la loi le permet.

188. Toute personne qui contrevient à l'une des dispositions du présent code, de la loi, des lettres patentes constituant un ordre ou d'un décret de fusion ou d'intégration commet une infraction et est passible d'une amende d'au moins 1 500 $ et d'au plus 20 000 $ ou, dans le cas d'une personne morale, d'au moins 3 000 $ et d'au plus 40 000 $.

En cas de récidive, le minimum et le maximum de l'amende sont portés au double.

Loi sur les opticiens d'ordonnances, L.R.Q., c. O-6

8. Constitue l’exercice de la profession d’opticien d’ordonnances tout acte qui a pour objet de poser, d’ajuster, de remplacer ou de vendre une lentille ophtalmique.

15. Sous réserve des droits et privilèges expressément accordés par la loi à d’autres professionnels, nul ne peut poser l’un des actes décrits à l’article 8, s’il n’est pas opticien d’ordonnances. […]

16. Quiconque contrevient à l’article 15 est passible, pour chaque infraction, des peines prévues à l’article 188 du Code des professions. Quiconque contrevient à l’article 15 est passible, pour chaque infraction, des peines prévues à l’article 188 du Code des professions.

Loi sur l'optométrie, L.R.Q., c. O-7

16. Constitue l'exercice de l'optométrie tout acte autre que l'usage de médicaments qui a pour objet la vision et qui se rapporte à l'examen des yeux, l'analyse de leur fonction et l'évaluation des problèmes visuels, ainsi que l'orthoptique, la prescription, la pose, l'ajustement, la vente et le remplacement de lentilles ophtalmiques.

[11]        A cursory review of these provisions indicates that members of the order of optometrists may, in virtue of Article 16 of la Loi sur l'optométrie, L.R.Q. c. O-7 accomplish, for all practical purposes, all of the acts that may be performed by dispensing opticians as contemplated by Article 8 of L.R.Q. c. O-6. The converse obviously is not the case. 

[12]        This is what lies at the root of the territorial dispute to which I have alluded in the foregoing paragraphs. On one hand the Dispensing Opticians seek a change in the law which would grant them not only wider powers of examination but which, if I have understood the argument properly, would also grant them the exclusive right, to make the "adjustments" presently contemplated in both Sections 8 and 16 of the respective constitutive statutes relating to both Orders. 

[13]        Subsidiarily, as part of their campaign the Dispensing Opticians have taken the position that, in the practice of their profession, the optometrists are using as assistants individuals who are members of neither Order and are tolerating these individuals making adjustments to ophthalmic lenses in contravention of the rules governing one Order or the other.

[14]        As a tactic in this ongoing campaign the Order of Dispensing Opticians has set about to "out" this practice and, through the use of the fruits of investigations carried out by private investigators, to prefer charges pursuant to the relevant provisions of the Code des Professions. The purpose appears to be to coerce the optometrists into employing Dispensing Opticians in their professional establishments whether to the exclusion or not of the current assistants who generally speaking are members of neither Order.

[15]        Interestingly neither Order misses an opportunity to claim that their respective positions are motivated by an overarching interest in the protection of the public. A cynic may be excused for wondering, on the contrary, whether the dispute is motivated by nothing more than parochial self-interest.

[16]        It is against the foregoing background that it will now be appropriate to consider the various grounds of Appeal advanced by the Appellant.

[17]        The general principles governing the intervention of this Court in matters of Appeal are well known. It may however be helpful, given that this is a penal matter, to reproduce the text of Article 286 of the Code de procédure pénale, L.R.Q., c C-25.1 which provides as follows:

286. Le juge accueille l'appel sur dossier s'il est convaincu par l'appelant que le jugement rendu en première instance est déraisonnable eu égard à la preuve, qu'une erreur de droit a été commise ou que justice n'a pas été rendue.

Toutefois, lorsque le poursuivant interjette appel d'un jugement d'acquittement et qu'il y a eu erreur de droit, le juge peut rejeter l'appel à moins que le poursuivant ne démontre que, sans cette erreur, le jugement aurait été différent.

Lorsque le défendeur interjette appel d'un jugement de déclaration de culpabilité ou qui conclut à l'incapacité du défendeur de subir l'instruction en raison de son état mental et qu'il y a eu erreur de droit, le juge peut rejeter l'appel si le poursuivant démontre que, sans cette erreur, le jugement aurait été le même.

[18]        The foregoing disposition in essence codifies the general principles applicable in provincial penal matters in so far as they relate to the intervention of a Court of Appeal. In the annotated Létourneau/Robert edition of the Code de procédure pénale du Québec, 2011, Wilson & Lafleur, Article 286 is followed by a comprehensive compilation of case law emanating generally although not exclusively from Quebec illustrating these principles in their application.

[19]        For all practical purposes these principles, with some minor differences which are not pertinent to the case at bar, are substantially the same to those applying in criminal matters generally. They are summarized in R. v. Burns [1994] 1 R.C.S. 656 in the following terms (I quote from the head note):

"Pour déterminer si le verdict du juge du procès est déraisonnable ou s'il s'agit d'un verdict qui ne peut s'appuyer sur la preuve, en vertu du sous-al. 686(1)a)(i) du Code criminel, la cour d'appel a le droit de passer la preuve en revue, en la réexaminant et en la réévaluant, mais à seule fin de déterminer si elle peut raisonnablement justifier la conclusion du juge du procès.  Pourvu que l'on ait satisfait à ce critère préliminaire, la cour ne doit pas substituer son opinion à celle du juge du procès, ni prendre prétexte des doutes qu'elle peut avoir pour ordonner un nouveau procès.  En l'espèce, la Cour d'appel a conclu qu'une déclaration de culpabilité pouvait être «parfaitement acceptable» et elle n'aurait donc pas dû annuler le verdict du juge du procès.  L'omission d'indiquer expressément que tous les facteurs pertinents ont été considérés pour en arriver à un verdict ne constitue pas une raison d'admettre un appel."

[20]        A comprehensive review of the powers of an Appeal Court in summary conviction matters is also set out in Justice Ewaschuk's text entitled Criminal Pleadings and Practice in Canada, Canada Law Book, Aurora, Ontario 2nd. edition Chapter 24. In the interest of concision I have not included the lengthy list of case law emanating from the four corners of Canada supporting the general propositions set out below:

24:1170 Powers of Appeal Court

The summary conviction Appeal Court, with certain modifications, has the same powers as a Court of Appeal has, by s. 686 of the Criminal Code , in disposing of an indictable Appeal. Thus, the summary conviction Appeal Court may not retry the case but in relation to sufficiency of evidence is limited to determining whether "the verdict is unreasonable or cannot be supported by the evidence" on either a defendant or Crown Appeal.

In other words, a summary conviction Appeal Court is bound by the same powers of review, e.g., with respect to "unreasonableness", as the Court of Appeal of a province with respect to indictable offences.

Appellate Courts (including SCACs) may not interfere with the "findings of fact" made and the factual inferences drawn by the trial judge, unless they are clearly wrong, unsupported by the evidence or otherwise unreasonable. Furthermore, the imputed error must be "palpable and overriding" and it must be shown to have affected the result.

Thus, the test is whether the evidence is "reasonably capable" of supporting the trial judge's conclusion. The summary conviction Appeal Court is " not entitled to retry the case" but is entitled to determine whether the verdict was unreasonable in the sense that the trial judge could not reasonably have reached the conclusion that the accused was guilty or not guilty.

[21]        In so far as the intervention of a Court of Appeal with regard to matters of credibility the relatively recent decision of the Supreme Court in R. c Gagnon, 2006 1 R.C.S. 621 at paragraph 10 is instructive:

"En ce qui a trait au critère d’examen d’une conclusion sur la crédibilité tirée en première instance, il est généralement admis que la cour d’appel doit faire preuve de déférence, sauf erreur manifeste ou dominante.  Elle ne peut intervenir simplement parce qu’elle diffère d’opinion (Schwartz c. Canada, [1996] 1 R.C.S. 254 , par. 32-33; H.L. c. Canada (Procureur général), [2005] 1 R.C.S. 401 , 2005 CSC 25 , par. 74).  L’approche globale qui s’impose à cet égard a été décrite succinctement dans l’arrêt R. c. Burke, [1996] 1 R.C.S. 474 , par. 4, où notre Cour a dit : « . . . ce n’est que si elle a tenu compte de toute la preuve soumise au juge des faits, et décidé qu’une déclaration de culpabilité ne peut pas s’appuyer raisonnablement sur cette preuve, que la cour peut [. . .] écarter le verdict du juge du procès ».  La même règle vaut pour l’appréciation de la crédibilité des témoins.  Dans Lavoie c. R., [2003] J.Q. no 1474, par. 37, le juge Nuss, de la Cour d’appel du Québec, a dit que les conclusions du juge du procès sur la crédibilité des témoins [traduction] « ne pourront être modifiées que s’il est établi qu’il a commis une erreur manifeste et dominante » (citant l’arrêt Housen c. Nikolaisen, [2002] 2 R.C.S. 235 , 2002 CSC 33 )."

[22]        The trial itself took place over a period of 3 days between the 8th and 10th of September 2010 and in the course of his decision rendered on February 25th, 2011 the trial Judge conducted a thorough review of the evidence. In a decision spanning some 25 pages and containing numerous references to the transcription he carefully considered the submissions of the parties in the light of the evidence presented before him.

[23]        Inasmuch as the facts of this matter have been thoroughly set out both in the decision of the first judge and in the written submissions of the parties it will not be necessary to repeat them in detail.

[24]        Insofar as the first ground of Appeal is concerned the trial judge had to decide whether or not in the course of the delivery of the glasses to the investigator Paquet on October 2nd 2008, the Appellant contravened the provisions of Sections 8 and 15 of la Loi sur les opticiens d’ordonnances (supra) and whether the Respondent had established beyond a reasonable doubt the essential elements of that infraction.

[25]        The only eyewitnesses to what transpired were the investigator Paquet and the Appellant. The expert testimony of Drs. Naneix and Fontaine, who testified respectively on behalf of the complainant and the accused had for its purpose the rendering of professional opinions geared to assist the first judge in determining whether such manipulations on the part of the Appellant constituted an "adjustment" of ophthalmic lenses.

[26]        Essentially the position of the Appellant was that the initial measurements taken and the adjustments carried out by Dr. Mathers during Paquet's first visit were in no way disturbed and that the Appellant simply contented herself with making adjustments relating to the comfort of the frames without provoking any alteration in the calibration, if I may use that word, of the ophthalmic lenses in so far as their alignment related to the pupils of Paquet’s eyes.

[27]        To this end the Appellant insists that she assiduously followed the instructions which she had received, whether during the course of her instruction at the headquarters of Greiche and Scaff or from her branch manager to ensure that the crosses marked on the lenses with a finely pointed felt pen at the laboratory remained at all times aligned with the pupils of each eye.

[28]        On this point of course there is a fundamental contradiction between the testimony of the Appellant on one hand and Paquet on the other. According to Paquet following the manipulation of the arms of the frame he was asked to read from a printed sheet. At that juncture Paquet testified that he informed the Appellant that it would be easier to read from the card if the marks on the lenses left by the felt pen were erased. He claims that the Appellant removed these marks with spray cleaner following which the session resumed. Inasmuch as the lenses were slipping Paquet describes further manipulations carried out by the Appellant in relation to the nose supports and which ostensibly corrected the slippage problem.

[29]        It is of course impossible to reconcile Paquet's testimony with that of the Appellant. She claims that throughout the fitting the markings made by the felt pen remained in place and that she was accordingly able to satisfy herself that, at all times, both pupils of Paquet's eyes remained aligned with the crosses marked on the lenses by the felt pen. According to the Appellant it was only immediately prior to delivery that the pen marks were erased.

[30]        This element is, of course, essential to the Appellant's argument since the instructions which she claims to have received, and which she insisted that she followed to the letter, was to ensure that at all times the crosses on the lenses and the pupils remained aligned. Obviously if, as Paquet contends, the marks were erased at a stage prior to the manipulation of the nose supports the testimony of the Appellant is at variance with the facts. Furthermore, if Paquet is correct, the Appellant would of necessity be unable to testify that no alteration had occurred, whether inadvertently or not.

[31]        While the trial judge did not dwell specifically on this issue it is patently clear from his decision that he accepted the testimony of Paquet while in his view the Appellant's credibility left something to be desired. In paragraphs 76, 77, and 78 of his decision the first judge expresses himself as follows:

"[76]        Il importe de préciser que M. Paquet n'est pas un témoin oculaire habituel à qui l'on demande de relater, de mémoire, ce qu'il a vu ou entendu.  Son travail comme enquêteur consiste justement à constater certains faits et gestes précis dans le cadre de sa visite à la clinique.  Il consigne ensuite ses observations, dans un rapport.

 [77]        Quant à la défenderesse, elle indique au Tribunal qu'après deux ans il est « difficile de se rappeler de chaque petit, petit détail » de sa formation.

 [78]        Quant au 2 octobre 2008, elle affirme ne pas se souvenir si elle a été interrompue par d'autres clients lors de la livraison des lunettes de M. Paquet. Par contre, cette dernière se souvient fidèlement de tous les gestes posés à la même date lors de la livraison des lunettes de l'enquêteur. Cette dernière affirmation est peu crédible pour le Tribunal."

[32]        According to the testimony of the Appellant herself and that of Dr. Mathers the Appellant was aware of the limits as to what she could and could not do. Both experts agree that in the end this involved a question of judgment on her part, judgment that only she could make. It was also the opinion of the both experts that where progressive lenses are involved the margin for manoeuvre is very slight indeed. While the Appellant insists that at all times she remained within the limits of what she had been told she could do the fact remains that in the opinion of Dr. Naneix and the findings of the trial judge that line was crossed.

[33]        Given that the Drs. Naneix and Fontaine agreed on what constituted an “adjustment”, as the word is employed in the statute, one would have to conclude that while manipulations short of an “adjustment” are possible the chance of crossing the line is it a very real indeed. Whether an assistant with the qualifications of the Appellant is capable of exercising the judgment required is a very legitimate question indeed. That may well be why according to Dr. Fontaine deliveries in his office including the necessary “manipulations” or “adjustments” as the case may be are carried out by a qualified dispensing optician.

[34]        Furthermore it was the testimony of Dr. Mathers that, necessarily, certain manipulations will have to be carried out prior to final delivery. When that is considered together with the testimony of both Dr. Fontaine and that Dr. Naneix to the effect that the margins are fine indeed it is difficult to fault the trial judge with regard to his interpretation of the evidence.

[35]        Effectively he concluded that the evidence established beyond a reasonable doubt that the Appellant had indeed crossed the line, so to speak, and drifted into the field of an "adjustment".

[36]        While I will have occasion to return to this issue later on in the course of dealing with the question of “entrapment” it is worth pointing out, at this stage, that the Appellant had the last clear chance to decline to make the delivery and to advise Paquet that he must return when a professional was present. There was however never any question of interrupting the delivery nor was there any insistence on Paquet's part that the delivery be completed there and then. The issue simply did not arise.

[37]        In their factum counsel for the Appellant make much of the fact that to Dr. Naneix could have performed technical tests on the lenses with a view to determining whether or not the overall visual acuity and alignment of the lenses had indeed been disturbed. In the course of his testimony he conceded that this was indeed feasible but pointed out that he did not carry out such tests because he was not requested to do so. 

[38]        This of course is another “red herring”. If in the course of the manipulations prior to delivery the Appellant carried out an “adjustment” of an ophthalmic lens then Section 15 of the statute would have been contravened. It therefore matters little whether in the course of these adjustments the correct alignment was re-established by way of further "adjustment".

[39]        On the other hand I would, nevertheless, have to concede that had these tests been performed and had they confirmed that Paquet's glasses remained within the limits of the prescription then that would also have been a strong argument in favour of the Appellant's position. Indeed it may well be that it would have raised a reasonable doubt.

[40]        There was however no duty upon the complainant to carry out such tests and the fact that they were not carried out does not in any sense imply that the judge was in error in concluding that the proof presented established, beyond a reasonable doubt, that the Appellant had committed the infraction charged.

[41]        From paragraph 41 through paragraph 115 of the factum counsel for the Appellant complains that the first judge applied the wrong burden of proof in so much he based himself on the notion of the balance of probabilities rather than on the admittedly higher standard of proof beyond a reasonable doubt.

[42]        Without unnecessarily complicating matters it is clear from the trial judge's findings that the “manipulations” performed by the Appellant, in at least one instance, did indeed constitute an “adjustment”. The evidence indicates that there were three separate manipulations carried out by the Appellant that could have potentially amounted to an “adjustment”. The trial judge addresses himself to one of these manipulations in particular. 

"[87]        Compte tenu de l'ensemble de la preuve, le Tribunal vient à la conclusion que le 2 octobre 2008, la défenderesse a, entre autres, bel et bien manipulé les plaquettes en les écartant ou en les rapprochant et les deux experts crédibles s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un ajustement de lentilles ophtalmiques.

[88]        Qui plus est, Dre Mathers mentionne qu’il est incontournable que des interventions et que des vérifications doivent être faites lors de la livraison des lunettes.

[89]        Or, à maintes reprises, les Tribunaux ont d'ailleurs statué que ces manipulations font partie du processus d'ajustement des lentilles au sens de la loi et relèvent exclusivement de la profession d'opticien d'ordonnances ou de celle d'optométriste.

[90]         Dans le contexte global de la preuve présentée en l'instance, le Tribunal rejette les prétentions de la défenderesse et est convaincu, hors de tout doute raisonnable que la défenderesse a procédé à l'ajustement des lentilles ophtalmiques de M. Paquet en effectuant des ajustements aux lunettes de ce dernier lors de leur livraison le 2 octobre 2008."

[43]        This Appellant's argument is therefore based on a false premise. It is all very well, over the course of some 60 paragraphs, to attempt to dissect the evidence, split hairs and raise a myriad of possibilities but, at the end of the day, it is the impact of the evidence upon the mind of the trial judge which will determine whether, in the judge's view, the evidence demonstrates guilt beyond a reasonable doubt. Whether counsel for the Appellant would have come to the same conclusion or not, or for that matter whether I would have come to the same conclusion is neither here nor there.

[44]        As the Respondent points out in paragraph 139 of its factum the matter is placed clearly in focus in R. c Gagnon (supra) at paragraphs 19 to 21 where Basterache and Abella JJ state the following;

"19                 Notre Cour a sans cesse exhorté les juges de première instance à expliquer leurs conclusions sur la crédibilité et le doute raisonnable de manière à permettre un examen convenable par un tribunal d’appel.  Après avoir encouragé la rédaction de motifs détaillés, il serait contraire au but recherché de scruter ceux-ci à la loupe en sapant le rôle du juge du procès dans l’appréciation de l’ensemble de la preuve.  Les propos du juge de première instance doivent être examinés non seulement avec soin, mais aussi dans le contexte.  Les termes employés se prêtent la plupart du temps à de multiples interprétations et qualifications.  Cependant, l’examen en appel ne commande pas l’analyse de chaque mot, mais bien que l’on détermine si une erreur justifiant l’annulation se dégage des motifs dans leur ensemble.  Il s’agit de déterminer le sens général et ordinaire de ceux-ci, et non de se livrer à l’analyse de leurs composantes linguistiques individuelles.  En réexaminant chacun des éléments de preuve, la Cour d’appel a confondu la nécessité de motifs suffisants avec celle d’une preuve suffisante, ce dernier élément étant au cœur des arrêts Burke, Burns et R. (D.) qu’elle a invoqués à l’appui.  À notre avis, les motifs étaient suffisants.  De toute manière, pour déterminer si la preuve était suffisante, il fallait considérer toute la preuve et, plus particulièrement, les motifs justifiant toutes les conclusions relatives à la crédibilité, y compris celles visant l’enfant et les témoins entendus à l’appui de sa version des faits, et non seulement celles se rapportant à l’accusé et à ses témoins.

20                 Apprécier la crédibilité ne relève pas de la science exacte.  Il est très difficile pour le juge de première instance de décrire avec précision l’enchevêtrement complexe des impressions qui se dégagent de l’observation et de l’audition des témoins, ainsi que des efforts de conciliation des différentes versions des faits.  C’est pourquoi notre Cour a statué — la dernière fois dans l’arrêt H.L. — qu’il fallait respecter les perceptions du juge de première instance, sauf erreur manifeste et dominante.

21                 Cela ne veut pas dire que la cour d’appel peut se soustraire à son obligation de revoir le dossier pour s’assurer que les conclusions de fait pouvaient raisonnablement être tirées.  Qui plus est, lorsque l’accusation est grave et que, comme en l’espèce, le témoignage d’un enfant contredit celui d’un adulte, qui nie les faits, l’accusé est en droit de savoir pourquoi le juge du procès écarte le doute raisonnable."

[45]        After reviewing the evidence, the various exhibits, the written submissions of the parties and the judgment in first instance I can find no error on the part of the first judge whether in his appreciation of the facts, his assessment of credibility, or his interpretation of the relevant statutory provisions which would warrant the intervention of this Court. The Appeal from the finding of guilt accordingly fails.

[46]        I pass now to the issue of “entrapment” or "provocation policière".

[47]        Earlier in this decision I alluded to the fact that the circumstances of the ongoing dispute, or put more crudely the "turf wars" between the two Orders do not strictly speaking have any bearing on the outcome of these proceedings. I maintain that position although I acknowledge that, ever so skilfully, the Appellant has attempted to weave this aspect into the argument based on “entrapment”.

[48]        Indeed it would not be unfair to say that it is one of the cornerstones of that argument. Essentially the overarching or pervading complaint of the Appellant is that she is but a pawn in the greater ongoing struggle between the Optometrists and the Opticians. While one may attempt to build an argument on such a contention the question of whether or not that argument has any substance to it is quite another matter.

[49]        In order to put this aspect in focus I will reproduce integrally paragraphs 116 to 119 of the Appellant's factum:

"116.  Lors de l'audition, Mme Lussier a fait la preuve que la conduite du Poursuivant, ainsi que les motifs politiques ultérieurs ayant justifié le dépôt du constat d'infraction à son égard, constituaient un motif justifiant l'arrêt des procédures.

 117.  Or, le Tribunal a complètement occulté cet argument de son analyse, ignorant par le fait même la demande d'arrêt des procédures formulée en raison de cette conduite abusive du Poursuivant.

 118.  Nous soumettons que l'omission de considérer cette demande constitue une erreur grave, manifeste et dominante, et que l'analyse de ce second motif d'arrêt des procédures aurait, s'il avait été analysé, mené à la conclusion que l'arrêt des procédures devait être ordonné.

 119.  En effet, l'enquête conduite pour des motifs sans lien avec l'investigation ne constitue par une enquête menée de bonne foi et doit mener à l'arrêt des procédures."

[50]        In the case at bar we are dealing with a regulatory matter which does not in any sense involve the intervention of the state or its agents. These professional Orders, namely the Optometrists and the Dispensing Opticians supervise themselves pursuant to the authority granted to them in the statutes which respectively regulate each profession. In view of the conclusions to which I have come with regard to the question of entrapment the entire argument based on the ongoing dispute between the two Orders has no application in the case at bar and is of no assistance to the Appellant.

[51]        If I am wrong in the foregoing premise, then, of course, very much would depend upon the manner in which Paquet carried out his investigation. The first judge attempted to put that conduct in perspective. His reasoning is clearly set out in paragraphs 94 to 97 of his decision. On the basis of the evidence I can find no fault with his reasoning. He puts it as follows:

"[94]        Les faits en l'espèce se distinguent de la décision Zouki car, le poursuivant avait des raisons de soupçonner qu'une pratique illégale de la profession d'opticien d'ordonnance pouvait avoir lieu à la succursale de Greiche & Scaff de Boucherville.

[95]        Tel que précisé lors de son témoignage, M. Lalonde a appris les 13 et 26 novembre 2007, par l’entremise de Mario Boivin, enquêteur, que des actes d’exercice illégal de la profession d’opticien d’ordonnances étaient commis dans la succursale Greiche & Scaff de Boucherville, là même où la défenderesse a commis l’infraction qui lui est reprochée en date du 2 octobre 2008.

[96]        Notre Cour a d’ailleurs confirmé l’existence de cette pratique illégale en déclarant coupable Mélissa Lepage d’exercice illégal de la profession d’opticien d’ordonnances le 4 juin 2009.

[97]         Qui plus est, l’infraction reprochée à la défenderesse est, à toutes fins utiles, identique à l’une des deux infractions à l’égard de laquelle Mme Lepage a été reconnue coupable, en ce que toutes deux ont effectué des ajustements aux lentilles lors de la livraison, alors qu’elles n’étaient pas inscrites au tableau de l’Ordre des opticiens d’ordonnances du Québec."

[52]        As I stated previously the Appellant had the last clear chance to advise the investigator Paquet that she could not complete the delivery and that he should return when an optometrist was present.

[53]        Since the advent of the Charter of Rights and Freedoms, a part of the Canadian Constitution and therefore the supreme law of the land, rarely have we witnessed such gymnastics of creative imagination in the crafting of rights and remedies as has occurred over the past 28 years.

[54]        Entrapment however is not a new notion. While the Charter may today have subsumed it, it has nevertheless been with us for a long time. Furthermore, it is the essence of the doctrine of entrapment that the conduct of the state or its agents, and I underline the words state and its agents be egregious in the extreme. In R. v. Clothier, [2011] O.J. 102, a decision of the Ontario Court of Appeal, Laskin J.A. summed it up at paragraphs 13 to 15 as follows:

" [13]         The doctrine of entrapment in Canadian criminal law is an aspect of the broader abuse of process doctrine.  Entrapment reflects judicial disapproval of unacceptable police or prosecutorial conduct in investigating crimes.  The defence is extensively discussed by Lamer J. in R. v. Mack, 1988 CanLII 24 (SCC), [1988] 2 S.C.R. 903 , and in his later judgment in R. v. Barnes, 1991 CanLII 84 (SCC), [1991] 1 S.C.R. 449 .

[14]         In setting out the contours of the doctrine of entrapment, Lamer J. balanced two competing objectives.  On the one hand, he recognized that the police must have considerable leeway in the techniques they use to investigate criminal activity.  On the other hand, he also recognized that the power of the police to investigate crimes should not be untrammeled.  The police should not be allowed to randomly test the virtue of citizens by offering them an opportunity to commit a crime without reasonable suspicion that they are already engaged in criminal activity; or worse, to go further and use tactics designed to induce citizens to commit a criminal offence.  To allow these investigative techniques would offend our notions of decency and fair play.

[15]         Lamer J. struck the balance between these two objectives by concluding that an accused will be entitled to rely on the defence of entrapment in either of two situations:

                    First, when government authorities provide a person with an opportunity to commit a crime, unless they have a reasonable suspicion that the person is already engaged in criminal activity, or unless they are acting in the course of a bona fide investigation.

                    Second, when government authorities, though they have a reasonable suspicion or are acting in the course of a bona fide investigation, go beyond providing an opportunity to commit a crime by inducing the commission of an offence."

[55]        Unfortunately Laskin J.A. does not quite capture the shocking nature of the conduct which is required in order to trigger the remedy sought which, since the advent of the Charter, is a stay of proceedings.

[56]        In Kirzner v. R. [1978] 2 R.C.S. 487 his father Laskin C.J. considered the prerequisites for entrapment albeit very briefly in the course of a wider consideration of would be the appropriate remedy, whether a stay of proceedings, exclusion of the evidence or mitigation of sentence. At page 496 he uses terms which go to the very heart of the outrageous nature of the conduct required to trigger the notion of entrapment:

"Les tribunaux peuvent convenir que la provocation policière est un procédé déloyal qui discrédite l’administration de la justice, mais leurs opinions diffèrent sur le mode de contrôle." (underlining mine)

In the original English version the foregoing extract reads as follows:

"Although Courts may agree that entrapment outrages one’s sense of decency and shames the administration of justice, there is a difference of opinion as to what the control mechanism should be." (underline mine)

[57]        In R. v Amato, 1982, 2 R.C.S. 418 Estey J, speaking albeit for the minority that included Laskin C.J., described the characteristics of entrapment in the following terms: (it should be noted that the majority did not disagree in any respect this with the following characterization)

" La possibilité de se prévaloir de ce moyen de défense en droit et les éléments particuliers qui composent l’infraction sont intimement liés. Si on tient pour acquis que cette défense est connue en common law et qu’elle existe en droit criminel canadien, quels sont dans un cas approprié les! éléments qui la composent, les critères qui permettent de s’en prévaloir? Il est évidemment impossible d’énoncer in futuro un ensemble de normes, de! principes, de règles ou de mesures avec suffisamment de précision et de détail. Peut-être plus que tout autre, ce moyen de défense ne réussira que s’il se présente un ensemble de circonstances inhabituelles et particulières. Les précédents devront établir les nuances. Les éléments principaux ou les caractéristiques du moyen de défense sont qu’une infraction doit être provoquée, amorcée ou occasionnée par la police dont la conduite doit inciter l’accusé à commettre l’infraction; le plan doit avoir pour but de trouver des preuves en vue de poursuivre l’accusé pour le crime même qui a été ainsi provoqué; et l’incitation peut résulter, notamment, de la tromperie, de la fraude, de la supercherie ou d’une récompense, et comportera ordinairement mais pas obligatoirement un piège calculé et des sollicitations répétées. Le fait que le corps policier soit représenté par un policier, un agent secret ou une autre personne, payée ou non, mais qui agit sous les ordres de la police ne change rien à la nature de l’initiative de la police. En définitive, cette machination doit dans tous les cas être si révoltante et si indigne qu’elle ternit l’image de la justice." (underlining mine)

[58]        It is in the light of that characterization that one must look at the criteria set out in R. v Mack [1988] 2 R.C.S. 903 and R. v Barnes [1991] 1 R.C.S. 449 with a view to determining what is necessary to trigger the notion of entrapment. It is not necessary to review the facts of Mack in order to make the point that the conduct of the police authorities went well beyond the limits of what is permissible or acceptable in any civilized society. The conduct in question clearly offends the Canadian sense of decency and fair play. It will suffice to reproduce certain extracts from the head note in Mack (supra):

"On peut tenir compte des facteurs suivants pour déterminer si la police a fait autre chose que d'offrir une occasion: (1) le genre de crime qui fait l'objet de l'investigation et la disponibilité d'autres techniques pour la détection par la police de sa perpétration; (2) si l'individu moyen, avec ses points forts et ses faiblesses, dans la situation de l'inculpé, aurait été incité à commettre un crime; (3) la persistance et le nombre de tentatives faites par la police avant que l'inculpé n'accepte de commettre une infraction; (4) le genre d'incitations utilisées par la police, y inclus: la tromperie, la fraude, la supercherie ou la récompense; (5) le moment où se situe la démarche de la police, en particulier si la police a déjà fait enquête au sujet de l'infraction ou si elle intervient alors que l'activité criminelle est en cours; (6) si la démarche de la police présuppose l'exploitation d'émotions humaines, telles la compassion, la sympathie et l'amitié; (7) si la police paraît avoir exploité une vulnérabilité particulière d'une personne, comme un handicap mental ou l'accoutumance à une substance particulière; (8) la proportionnalité de l'implication de la police, comparée à celle de l'inculpé, y compris une évaluation du degré du dommage causé ou risqué par la police, en comparaison de celui de l'inculpé, et la perpétration de tout acte illégal par les policiers eux-mêmes; (9) l'existence de menaces, tacites ou expresses, proférées envers l'inculpé par la police ou ses agents; (10) si la conduite de la police cherche à saper d'autres valeurs constitutionnelles. Cette énumération n'est pas exhaustive.

…………

L'exigence qui impose à l'inculpé la charge de prouver la provocation policière suivant la prépondérance des probabilités n'est pas incompatible avec l'exigence que le ministère public prouve la culpabilité de l'inculpé hors de tout doute raisonnable. La culpabilité ou l'innocence de l'inculpé ne sont pas en cause. L'inculpé n'a rien fait qui lui donne droit à un acquittement; le ministère public a toutefois eu une conduite qui l'empêche d'obtenir une déclaration de culpabilité.

La défense de provocation policière ne doit être reconnue que dans les "cas les plus manifestes": cette description est préférable à l'expression "révoltante et indigne". Lorsque l'inculpé a démontré que la stratégie utilisée par la police dépasse les bornes acceptables, l'absolution judiciaire donnée à la poursuite offusquerait par définition la collectivité. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin ni de se demander si la provocation policière démontrée "révolterait" la société, puisque l'inculpé a déjà montré que l'administration de la justice est déconsidérée."

[59]        These then are the ground rules against which the conduct of the Respondent stands to be assessed. The Appellant makes much of the fact that the "targets" were selected at random. This was not the finding of the trial judge who took note of the fact that breaches of Sections 8 and 15 of L.R.Q. c O-7 had previously occurred at the branch in question. Furthermore it follows that in no sense did Paquet engage in random virtue testing. Different persons were present during each visit.

[60]        In support of its position the Appellant cites the decision of the Court of Appeal in Claude Beaulne c. Carole Kavanagh-Lemire et l'Office des Professions du Québec (500-09-000620-872) rendered on October 11, 1989. In particular, the Appellant refers to an extract from the notes of Baudouin J.A. which I will reproduce:

"Or, l'article 122 du Code des professions précité ne permet au syndic de faire enquête que dans des circonstances et à des conditions spécifiques. La loi ne lui confère pas un pouvoir général  et discrétionnaire, mais au contraire un pouvoir spécifique et limité.

Il faut, en effet, qu'il existe une information à l'effet qu'un professionnel a commis une infraction. Dans l'espèce qui nous occupe, le syndic, par le biais de ce questionnaire, se trouve donc à faire enquête sur tous les optométristes et sans aucune information préalable.  Qui plus est, rien dans la loi ou les règlements n'interdit l'exercice de l'optométrie dans le même établissement ou conjointement avec un opticien d'ordonnance. Je suis donc d'avis que le syndic n'a pas le pouvoir de procéder à une enquête aussi générale avec en plus l'ordre d'y répondre sous menace de sanction disciplinaire. Je ne puis souscrire à l'idée (puisque nous sommes en matière disciplinaire où donc les droits fondamentaux d'un éventuel contrevenant doivent être respectés) que le législateur, malgré les précisions qu'il a apportées à l'article 122 au mandat du syndic, a entendu lui donner également des pouvoirs illimités de faire enquête en prenant lui-même l'initiative, sans qu'il y ait d'information, simplement  parce que sa fonction consiste généralement à surveiller l'exercice de la profession et à défendre l'intérêt public."

[61]        First of all the Appellant is not a member of either Order and it makes little sense, in seeking to control the practice of the profession, that employees should be previously individually identified as being culpable or potentially culpable before any investigation can be undertaken. The investigation was in fact carried out in relation to the Boucherville branch itself. Why then not institute proceedings against the proprietors or franchisees of the branch the Appellant may ask?  A fair question. That option may have been open to the Respondents but the fact that it was not exercised changes nothing.

[62]        Secondly and more importantly even if one takes the words of the Court of Appeal at their face value the contention of counsel for the Appellant that she must either have previously contravened the statute or that there must exist reasonable grounds to suspect such a contravention this would be of no assistance to her. This argument, standing alone cannot trigger the issue of entrapment.

[63]        Entrapment, as I have been at pains to underline requires some sort of shocking conduct on the part of the state or of its agents. With respect random virtue testing is only one element of such conduct.

[64]        It may well be that the words of the Court of Appeal underscore the fact that the statute places a limitation on the scope of an investigation by the Order. If that is so then the remedy is to simply move for dismissal of the charges given that a statutory imperative relating to the investigation has not been respected. In my respectful view it is however exorbitant to pretend that in such circumstances a stay of proceedings on the basis of entrapment could lie.

[65]        In any event all of this simply begs the question. We are not dealing with criminal matters here and the state and its agents are not involved in the investigation. The investigation under consideration here was undertaken at the instance of the Order of Dispensing Opticians alone.

[66]        It is interesting to note in Clothier (supra) that Laskin J.A. at paragraph 28 states the following;

"[28]         The two main appeal decisions are R. v. Donkersgoed, 2007 ONCJ 467, which was relied on by Taylor J.P. in the present case, and R. v. Cho, [2000] O.J. No. 5354 (C.J.).  In both cases the court held that random test shopping does not amount to entrapment.  In other words, the authorities may engage in test shopping without a reasonable suspicion that either a particular store or stores in the area are selling tobacco to underage persons.  In Cho Finlayson J.A. denied leave to appeal, and in so doing baldly stated “the defence of entrapment is not available in regulatory offences”:  see [2001] O.J. No. 1041 (C.A.).  His conclusion is instructive, but, of course, a decision of a judge of this court denying leave to appeal has no precedential value."

[67]        This, I would suggest, is why Laskin J.A. was careful to limit his comments to the issue of the application of the Smoke Free Ontario Act. As he pointed out the question of whether the issue of entrapment is available in other circumstances or for an offence under another regulatory statute should be determined when that issue arises.

[68]        This is not a state prosecution. It is a prosecution by a provincially constituted professional Order. While it may be possible to imagine circumstances where entrapment, if established, may be invoked in support of a stay of proceedings in a prosecution for a provincial regulatory offence that is certainly not the case here.

[69]        In this context, I take comfort in Justice Ewaschuk’s observation in Criminal Pleadings and Practice in Canada (supra) at number 21:8000 where, particularly having regard for the Clothier decision, he puts it as follows:

The doctrine of entrapment does not apply to “provincial regulatory offences”. Nonetheless government is not allowed to investigate possible illegal activity in a way that offends the Canadian sense of decency and fair play.

[70]        It follows from the foregoing that the first judge did not err in concluding that the notion of entrapment had not been established in the case at bar. I would go further. The notion of entrapment simply does not apply.

[71]        For these reasons the Appeal is dismissed with costs.

 

 

 

__________________________________

J. FRASER MARTIN, J.S.C.

 

Me Marc-André Coulombe

Me Caroline Plante

Stikeman Elliott

Counsel for the Petitioner

 

Me Jean Lanctot

Me Alexandre L. Racine

Counsels for the Respondent

 

 

 

 

Date of hearing:

September 22nd, 2011

 

 

AVIS :
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