LA COMMISSION D'APPEL EN MATIÈRE DE LÉSIONS PROFESSIONNELLES QUÉBEC MONTRÉAL, le 31 mars 1998 DISTRICT D'APPEL DEVANT LE COMMISSAIRE :Me Bertrand Roy DE MONTRÉAL RÉGION: AUDIENCE TENUE LE :27 novembre 1997 ABITIBI-TÉMISCAMINGUE DOSSIER: 87625-08-9704 DOSSIER CSST: 045591807 DOSSIER BR: À : Val D'Or 62196151 __________________________________________________ GÉRALD PETIT 109, rue Alix BG290 Val-Senneville (Québec) J0Y 2P0 PARTIE APPELANTE et BUANDERIE GABY INC. (FERMÉ) PARTIE INTÉRESSÉE et COMMISSION DE LA SANTÉ ET DE LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL - ABITIBI-TÉMISCAMINGUE Directeur régional 33, rue Gamble ouest Rouyn-Noranda (Québec) J9X 2R3 PARTIE INTERVENANTE D É C I S I O N Le 14 avril 1997, monsieur Gérald Petit (le travailleur) en appelle à la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles (la Commission d'appel) d'une décision du 4 avril 1997 rendue par le Bureau de révision de la région de l'Abitibi-Témiscamingue (le bureau de révision).Par cette décision, le bureau de révision rejette la demande de révision du travailleur, confirme la décision de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (la Commission) du 4 mars 1996 et déclare que le travailleur n'a pas subi de lésion professionnelle le 12 juin 1995.
À l'audience, le travailleur était présent et il était assisté de son procureur. La Commission était représentée par son procureur.
OBJET DE L'APPEL Le travailleur demande à la Commission d'appel d'infirmer la décision du 4 avril 1997 du bureau de révision et de déclarer qu'il a été victime d'une rechute, récidive ou aggravation le 12 juin 1995.
LES FAITS Le travailleur, âgé de 24 ans, a subi un accident du travail le 22 juin 1970. Il était au service de Buanderie Gaby Inc.
(compagnie fermée) (l'employeur) à cette époque comme chauffeur- livreur. Il a déclaré dans sa réclamation de 1970 qu'il a sauté en bas de son camion ou qu'il a mal forcé dans la boîte du camion en déplaçant des sacs de linge. Il n'a cependant arrêté de travailler que le 4 juillet 1970. Il ressentait une petite douleur au dos depuis l'incident, selon ce qu'il aurait dit à l'employeur, mais il a néanmoins travaillé une semaine et le 4 juillet, il est parti en vacances. À son retour de vacances, il a consulté un médecin et une radiographie de la colonne lombaire aurait mis en évidence une fracture du rebord antéro-antérieur de L3. On lui a prescrit un corset orthopédique que la Commission rembourse et, finalement, il ne s'est pas absenté du travail. La réclamation du travailleur a été acceptée par la Commission.
Le travailleur a aussi continué dans la même fonction et il a dû modifier sa méthode de travail. Il ne travaillait plus le dos courbé selon son témoignage. Il travaillait malgré une douleur persistante parce qu'il ne voulait pas donner l'impression d'être «lâche». De 1970 à 1975, il a reçu des soins d'un chiropraticien pour des douleurs lombaires.
Finalement, en 1974, il a quitté son emploi pour ensuite faire la distribution de journaux. Il était encore chauffeur-livreur et pour réussir à faire son travail, il dit qu'il devait souvent travailler à genoux. Son employeur lui suggérait alors de se reposer mais le travailleur refusait, tel qu'en atteste une lettre de l'employeur de cette époque, monsieur Jean Richard.
En 1979, il a encore changé d'emploi. Il a fait la distribution d'un journal quotidien, Le Soleil, jusqu'en 1986. Il croyait qu'il y avait moins de poids lourds à manipuler mais cela n'a pas été le cas. Il dit que ça lui est arrivé six ou sept fois de débarquer du camion pour pleurer de douleur.
Il dit qu'il n'y a aucun événement en particulier qui pourrait expliquer ses douleurs, sauf les séquelles de son accident. Il avait notamment abandonné les activités de danse sociale.
En 1986, il s'est acheté un commerce, un dépanneur, qu'il a lui- même exploité. En 1988, il aurait fait une chute en bas d'un escabeau. Il a développé une lombalgie basse si peu sévère que le soir même il a pu aller jouer aux quilles comme d'habitude.
Cependant, le lendemain il avait sa douleur qui irradiait dans tout le membre inférieur droit, au niveau de la fesse, de la face latérale de la cuisse et jusqu'au gros orteil. Le neurologue, le docteur Bégin, qu'il consulte, parle d'une radiculopathie aiguë L5 droite secondaire à une hernie discale L4-L5 droite probable.
Le docteur Bégin ne mentionne pas dans les antécédents du travailleur l'accident de 1970.
Le travailleur, à la suite de cet incident, aurait pris 15 jours de vacances et serait retourné au travail.
En 1991, il s'est penché pour déplacer une caisse de bière et «il est resté là» dit-il. La douleur était tellement intense qu'il a dû consulter. Une radiographie de septembre 1991 montre une discrète arthrose au niveau dorsal. À la colonne lombaire, on note des nodules de Schmorl en D12-L1-L2-L3 et un affaissement du plateau antéro-supérieur de L3 par traumatisme ancien probable.
Il peut ajouter à cela une spondylarthrose importante à L4-L5, L5-S1, dont les espaces sont fortement pincés.
Le 2 octobre 1991, une tomodensitométrie révèle une hernie discale centrale à L4-L5 et un peu d'arthrose facettaire à trois niveaux.
Une myélo-scan du 8 octobre 1991 montre une hernie discale L3-L4 médiane et une saillie para-médiane droite L4-L5 (hernie discale).
Une myélographie lombaire du 8 octobre 1991 confirme une volumineuse hernie trans-ligamentaire du disque L3-L4 et une discrète protrusion discale L4-L5.
Le 9 octobre 1991, le travailleur a subi une discoïdectomie L3-L4 à l'Hôtel-Dieu d'Amos. Le docteur Paul Derome était le chirurgien.
Malgré cette lésion, le travailleur n'a pas fait de demande d'indemnisation à la Commission à cette époque parce que ça le répugnait. Il a continué de consulter de trois mois en trois mois. Il jouait encore aux quilles (boule de 11 livres) une ou deux fois la semaine. Il a cessé de jouer en 1995.
En janvier 1992, les examens radiologiques indiquent la présence de signes de dégénérescence discale qui ont progressé en L3-L4 et une petite hernie postéro-latérale droite. On mentionne des séquelles d'un ancien affaissement du plateau supérieur et latéral droit de L3 et des changements dégénératifs multi-étagés.
Le 19 mars 1992, le docteur Jacques Boucher, neurochirurgien, communique avec le médecin qui avait charge du travailleur pour lui donner les résultats de l'examen qu'il a fait du travailleur.
Il dit que c'est possiblement à la suite de la chute en 1988 qu'ont commencé les lombalgies avec irradiation. Il note les problèmes post-opératoires qu'il commente mais il exprime l'avis qu'il n'y a pas de deuxième hernie au niveau L4-L5. Quant au retour au travail, le médecin rapporte que le travailleur n'a pas repris le travail, non pas à cause de la douleur, mais qu'il aurait de la difficulté à obtenir de «ses assurances» une indemnisation pour du temps partiel.
Le 2 décembre 1992, le docteur Marc Girard, neurologue, soupçonne une arachnoïdite ou une hernie discale centrale récidivante soit en L3-L4 ou en L4-L5. Il suggère une résonance magnétique.
Le 21 janvier 1993, le docteur Guy Bouvier, neurochirurgien, informe le docteur Delorme qu'une évaluation électromyographique ne montre pas d'atteinte radiculaire et qu'il y a lieu d'adopter une approche conservatrice.
Le 17 janvier 1994, le docteur Louis Bellemare fait état des consultations effectuées par le travailleur depuis 1991 et dont il a déjà été fait mention ci-dessus. Ajoutons qu'une résonance magnétique, selon lui, a montré à la colonne cervicale C5-C6 un pincement discal avec ostéophyte avec hernie discale modérée. À C6-C7, il y a pincement discal aussi. Au niveau lombaire, en plus de modification post-chirurgicale, il y a discopathie dégénérative multi-étagée. Il est noté une hernie L4-L5 droite avec compression du sac dural et une hernie médiane L1-L2, L2-L3 avec légère compression. Le canal spinal est de diamètre limité de façon congénitale.
Le 28 avril 1994, une tomodensitométrie révèle des protrusions discales para-médianes droites modérées en C5-C6, C6-C7 et également une protrusion discale chronique en L3-L4 et des discrètes modifications dégénératives multi-étagées aux niveaux cervical et lombaire.
Une myélographie de la même date fait état, en résumé, d'une protrusion discale modérée au niveau L3-L4. Il y a des signes de compression des racines L4-L5 et S1. En rapport avec les disques L1-L2, L2-L3 et L4-L5, on note de petites encoches secondaires à un bombement de l'anneau fibreux. À ces niveaux, il n'y a pas de compression. À L5-S1, aucune évidence de lésion extra-durale.
Au niveau du segment cervical, à C5-C6, on observe des modifications compatibles avec des protrusions discales postéro- latérales droites modérées.
Le 30 mai 1994, le docteur Bellemare pose un diagnostic de hernie discale L3-L4 qui pourrait être une «aggravation de 1988».
Le 5 mai 1995, le docteur M.F. Giroux parle de hernie cervicale et lombaire en attente de chirurgie.
Le 7 février 1995, le travailleur est opéré pour une discoïdectomie L3-L4 et L4-L5 droite avec lyse de pachyméningite.
Le 12 juin 1995, le docteur Giroux produit un rapport médical dans lequel il reprend le diagnostic L3-L4 et L4-L5 droit.
Le travailleur dépose une réclamation le 11 octobre 1995 pour rechute, récidive ou aggravation de l'accident du travail de 1970. Il soutient qu'il ne peut trouver d'autre explication que l'événement de 1970 pour expliquer sa situation actuelle.
Le 4 mars 1996, la Commission refuse la rechute, récidive ou aggravation du 11 juin 1995. Il n'y a pas de relation entre la détérioration de l'état du travailleur et la lésion de 1970.
D'autres rapports des docteurs Bellemare et Giroux mentionnent une cervico-brachialgie et une lombosciatalgie.
Le bureau de révision rejette à son tour la réclamation par sa décision rendue le 4 avril 1997.
Le 5 août 1997, le docteur Giroux, neurochirurgien, produit un rapport d'expertise médicale. Il conclut que son patient a toujours présenté une symptomatologie de lombalgie avec sciatalgie depuis 1970. Le traumatisme de 1970 a pu contribuer à la dégénérescence discale L3-L4 et à la hernie discale. «De plus, le traumatisme était d'une force suffisante pour causer une fracture de L3 et a pu contribuer à la dégénérescence discale L3-L4 avec production de la hernie discale. Malheureusement le dossier de ce patient n'est pas assez étoffé car il existe un long silence médical et on ne peut statuer hors de tout doute à la lecture du dossier que cet événement traumatique de 1970 est responsable de la dégradation du disque L3-L4 cependant rien ne nous permet de l'infirmer.
Tel que mentionné préalablement, il existe un long silence médical jusqu'en 1988, date à laquelle le patient a fait une chute d'un escabeau et par la suite la lombalgie et la sciatalgie sont devenues de plus en plus constantes avec nécessité de traitements et de chirurgie. Il semble donc que l'événement de 1988 ait exacerbé la lombalgie et la sciatalgie que ressentait ce patient. Il se peut donc que cet événement aussi soit responsable de la production de la hernie discale de ce patient.
Il est donc très difficile ici de statuer hors de tout doute compte tenu de la très longue évolution de ce dossier sur l'événement responsable de la production de la hernie discale de ce patient. Il est difficile ici de savoir si l'événement de 1970 a provoqué une atteinte au disque L3-L4 qui aurait pu se dégénérer par la suite puisqu'à ce moment le ct-scan n'était pas disponible et ce n'est qu'ultérieurement après 1988 que ce patient a subi les premiers ct-scans démontrant la présence d'une importante hernie discale L3-L4 avec sténose spinale secondaire le tout le menant directement à la chirurgie.
(...)» À l'audience, l'ex-épouse du travailleur, madame Jocelyne Perron, a témoigné. Elle a expliqué qu'après l'événement de 1970, le comportement de son mari a changé. Il ne pouvait plus danser et sa vie sociale s'est détériorée. Il fallait le tourner sur le côté le matin pour le lever. Le midi, il ne pouvait pas s'asseoir pour manger. Il est allé chez le chiropraticien.
Aucun événement autre que l'accident de 1970 ne peut expliquer sa détérioration. Le travailleur était très dur pour sa personne, ne se plaignant pas beaucoup.
Monsieur Claude Poirier a employé le travailleur en 1970 lorsqu'il s'est blessé. Il dit que le travailleur n'avait pas de problème au dos avant 1970 et il travaillait très fort. Après l'accident, il ne pouvait plus faire certains travaux qui nécessitaient de se pencher. Il disait qu'il avait mal au dos.
Le travailleur ne voulait pas s'adresser à la Commission ni voir de médecin. Il se souvient qu'en 1988, le travailleur (même s'il ne travaillait plus pour lui) a subi une chute. Le témoin dit qu'il a toujours une excellente mémoire des dates.
Monsieur André Déry est distributeur de journaux. Il a expliqué que de 1979 à 1986, le travailleur a fait de la livraison malgré des problèmes de dos. Il chargeait le camion à genoux et ne voulait pas prendre de congés. Il était dur pour sa personne.
MOTIFS DE LA DÉCISION Le travailleur a-t-il subi une rechute, récidive ou aggravation en juin 1995? Les termes de rechute, récidive ou aggravation ne sont pas définis dans la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles [L.R.Q., chapitre 3.001] (la loi) mais ils font partie de la notion de lésion professionnelle: «lésion professionnelle»: une blessure ou une maladie qui survient par le fait ou à l'occasion d'un accident du travail, ou une maladie professionnelle, y compris la récidive, la rechute ou l'aggravation.
La jurisprudence de la Commission d'appel a adopté quelques paramètres pour évaluer la relation entre une lésion professionnelle initiale chez un travailleur et un état pathologique subséquent.
Ces paramètres tels qu'énoncés dans l'affaire Boisvert et Halco Inc.1 sont les suivants: 1- La gravité de la lésion initiale; 2- La continuité de la symptomatologie; 3- L'existence ou non d'un suivi médical; 4- Le retour au travail, avec ou sans limitation fonctionnelle; 5- La présence ou l'absence d'une atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique; 6- La présence ou l'absence de conditions personnelles; 7- La compatibilité de la symptomatologie alléguée au moment de la rechute, récidive ou aggravation avec la nature de la lésion initiale; 8- Le délai entre la rechute, récidive ou aggravation et la lésion initiale.
En l'espèce, il y a un long hiatus de 25 ans entre la lésion initiale de 1970 et la rechute, récidive ou aggravation de 1995.
D'une fracture à L3 en 1970, on passe à une hernie discale en 1995. Le suivi médical paraît inexistant entre 1970 et 1988 sauf pour des traitements de chiropractie pendant une certaine époque.
Il y a un retour au travail en 1970, sans perte de temps et, bien sûr, sans aucune limitation fonctionnelle ou atteinte permanente au sens de la loi.
À première vue, ces éléments ne militent pas dans le sens d'une rechute, récidive ou aggravation de la lésion de 1970.
Par contre, toujours en considérant les paramètres cités plus haut, il faut reconnaître que la lésion initiale était assez grave puisqu'il s'est agi d'une fracture d'une vertèbre. La vertèbre à L3 est justement à proximité du disque hernié à L3- L4. En fait, en 1991 on a constaté un affaissement du plateau antéro-supérieur de L3 «par traumatisme ancien probable». Alors qu'à la colonne dorsale, toujours en 1991, on note une discrète arthrose, à L4-L5 et L5-S1, on rapporte une spondylarthrose importante et des espaces fortement pincés.
Le docteur Giroux a expliqué que le traumatisme qui a entraîné une fracture de L3 a pu contribuer à la dégénérescence discale L3-L4 avec production de la hernie discale. Le long silence médical ne permet pas d'en être certain, mais rien n'empêche de tenir le traumatisme de 1970 responsable de la dégradation du disque L3-L4.
Le docteur Giroux estime que l'on peut croire que le patient a toujours présenté une symptomatologie de lombalgie avec sciatalgie depuis 1970. C'est d'ailleurs le témoignage du travailleur, de son ex-épouse et de ses ex-employeurs qui ont beaucoup insisté, les uns ou les autres, sur le fait que le travailleur était endurci, qu'il ne se plaignait jamais, qu'il n'aimait pas faire des réclamations, qu'il ne fréquentait pas beaucoup les cliniques de médecin et, finalement, qu'il paraissait très souffrant de son dos.
Par ailleurs, le travailleur a affirmé qu'il a consulté un chiropraticien pendant cinq (5) ans et il a produit un billet à 1 [1995] CALP 19 , page 23.
cet effet. Des témoins ont aussi confirmé que le travailleur consultait en chiropractie.
Il est vrai que le travailleur a rapporté les douleurs constantes dans le cou et dans le dos entre 1974 et 1979. On peut comprendre qu'éventuellement il apparaîtra d'autres signes de dégénérescence au niveau du cou mais c'est seulement au niveau L3-L4 qu'il aura une hernie discale. Au niveau cervical, la dégénérescence est moins avancée. C'est vraisemblablement à cause du fait qu'il n'y a pas eu de traumatisme comme celui de 1970 qui a entraîné une fracture du corps vertébral et, plus tard, un affaissement de cette même vertèbre.
Il est vrai que le travailleur est retourné au travail sans limitation fonctionnelle ou atteinte permanente. En rétrospective, peut-être aurait-il fallu le limiter à des tâches moins ardues pour son dos. Rappelons, par exemple, qu'entre 1974 et 1979, il travaillait 50 heures par semaine, qu'il parcourait 40,000 milles par année en camion, qu'il livrait des paquets d'un poids de plus de 60 à 100 livres chacun. Il faisait ce travail avec le dos courbé et une douleur constante.
Nous avons déjà parlé de la présence de la condition personnelle de dégénérescence. C'est un des paramètres qu'on a mentionnés plus haut. Nous avons souligné le fait que la dégénérescence est nettement plus prononcée là où il a subi une fracture en 1970 et qu'ailleurs, aux niveaux cervical et dorsal elle n'a maintenant pas le même aspect.
Quant au délai de 25 ans entre la lésion initiale et la rechute, récidive ou aggravation, on peut penser que le long délai s'explique par la lenteur du processus de dégénérescence. Ce processus a commencé très vraisemblablement en 1970 même si on ne peut en avoir la certitude comme le fait remarquer le docteur Giroux.
Ainsi, les critères retenus par la jurisprudence pour relier un événement initial et une rechute, récidive ou aggravation trouvent application.
Le travailleur a donc été victime d'une lésion professionnelle sous la forme d'une rechute, récidive ou aggravation en 1995.
PAR CES MOTIFS, LA COMMISSION D'APPEL EN MATIÈRE DE LÉSIONS PROFESSIONNELLES : ACCUEILLE l'appel de monsieur Gérald Petit, le travailleur; INFIRME la décision du bureau de révision; DÉCLARE que monsieur Gérald Petit, le travailleur, a subi en 1995 une rechute, récidive ou aggravation, c'est-à-dire une lésion professionnelle.
_____________________________ Bertrand Roy Commissaire FONTAINE & ASS.
(Me Claude Fontaine) 888, 3ième avenue 3ième étage Val-D'Or (Québec) J9P 5E6 Représentant de la partie appelante PANNETON, LESSARD (Me Philippe Bouvier) 33, rue Gamble ouest Rouyn-Noranda (Québec) J9X 2R3 Représentant de la partie intervenante
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Le lecteur doit s'assurer que les décisions consultées sont finales et sans appel; la consultation du plumitif s'avère une précaution utile.