«accident» Sont assimilés à un accident tout fait résultant d'un acte délibéré accompli par une autre personne que l'agent de l'État ainsi que tout événement forfuit ayant une cause physique ou naturelle.
«maladie professionnelle» Maladie justifiant, aux termes de la législation de la province où l'agent de l'État exerce habituellement ses fonctions, le versement d'une indemnité aux travailleurs qui en sont atteints ou aux personnes à charge de ceux qui sont décédés.
[Notre soulignement]
«douleur palpation groupe musculaire interne face palmaire du bras droit. Douleur épicondyle interne.
Diagnostic: tendinite fléchisseurs des doigts.
Épicondylite interne.»
«Depuis environ 3 semaines, ressent une douleur à l'avant bras droit. Elle a constaté une enflure depuis trois jours. Ces douleurs sont ressenties lors de l'accomplissement de ses fonctions régulières, soit codage au PDC, travail au MTL et LOC, soit alimenter, vider. Il s'agit de gestes répétitifs.»
«Première réclamation à la CSST: Le 8 février 1984.
[...]
Selon Mme Grégoire-Larivière, sa symptomatologie s'était installée progressivement et était directement reliée à sa fonction de codage. D'abord surtout en fin de journée, puis elle est devenue de plus en plus présente au travail. Exacerbation douloureuse et notion déjà de dysesthésies affectant les 4ième et 5ième doigts (topographie cubitale). Madame Grégoire-Larivière confirme que le traitement institué fut limité aux anti- inflammatoires et au repos. Aucune notion de physiothérapie ou d'immobilisation comme telle.
A la suite de son retour au travail, Mme Grégoire-Larivière consultait régulièrement à l'infirmerie pour traitement local à l'aide d'une pommade et d'un bandage élastique. Aucune notion de douleur au niveau de l'épaule ou de l'étage cervical durant cette période et tout au plus, notion d'un point interscapulaire. Rotation de postes obtenue entre MTL, MTAO, MTGOP, PDC et LOC.
Deuxième réclamation à la CSST: Le 11 juillet 1986.
Progression de la douleur en relation avec les activités de codage.
[...]
Et la physiothérapie se poursuivra du 25 octobre 89 au 14 février 90 à laquelle le docteur Taillefer combinera modalités d'acupuncture et 2 tentatives d'infiltrations locales soit en date du 15 décembre 89 et du 15 février 90. Ces dernières n'ont pas donné de résultat. Il y a eu port d'une orthèse de type "lastrap" durant cette période. Finalement devant l'échec au traitement médical, Mme Grégoire- Larivière fut référée au docteur Stephenson pour désinsertion des épicondyliens. (sic)
A la suite du retour au travail du 26 juillet 86, Mme Grégoire-Larivière a dû consommer au besoin un peu d'Atasol et présentait des malaises au même site.
Troisième réclamation à la CSST: Le 19 octobre 1989.
Trois semaines auparavant, dans le cadre de ses activités au travail, Mme Grégoire- Larivière a connu un crescendo douloureux.
[...]
Condition actuelle
Madame Grégoire-Larivière continue à présenter une douleur dans la région interne de son coude droit. La douleur est présente même au repos mais s'accentue rapidement à la mobilisation de son coude et lors de la mise en tension des muscles épitrochléens. Elle semble sensible aux changements atmosphériques.
Elle se plaint d'une limitation d'amplitude à la flexion et à l'extension de son coude alors qu'elle ne se plaint pas de limitation dans les mouvements de pro-supination. La moindre pression dans la région de l'épitrochlée peut déclencher un phénomène de choc électrique irradiant vers les 4ième et 5ième doigts et les paresthésies sont très faciles à déclencher. Elle se plaint aussi d'une dysesthésie sur le côté interne de l'avant-bras droit. Pas de malaise au niveau de l'étage cervical. Sa force au niveau du membre supérieur droit est diminuée. Elle tente actuellement de changer de dominance pour les activités de la vie quotidienne.»
«Les mises en tension spécifiques pour les muscles épicondyliens sont jugées négatives. Les mises en tension spécifiques pour les muscles épitrochléens génèrent rapidement de la douleur particulièrement au chapitre des fléchisseurs des doigts et lors de la déviation cubitale du poignet. A l'examen palpatoire, douleur vive dans la région de l'épitrochlée qui persiste.»
«Les signes objectivables chez cette dernière ont été présents tout au long du dossier lors des examens physiques avec notion de douleur à la palpation, mises en tension des épitrochléens positives, douleur à la mobilisation et même à quelques reprises tuméfaction locale.
Pour envisager l'option chirurgicale, il est certain que le diagnostic n'a pas fait d'hésitation chez les médecins traitants impliqués.
En ce qui a trait aux paresthésies dans le territoire cubital, ces dernières sont certainement secondaires à la pathologie tendineuse présente à proximité et sans pour autant amener d'anomalie objectivable par l'étude électromyographique, amènent un tableau clinique des plus spécifiques.
Par conséquent le diagnostic final est celui d'un status post-chirurgical pour épitrochléite chronique (tendinite des épitrochléens) et de façon associée, manifestation irritative secondaire du nerf cubital et ankylose incomplète du coude.
Relation avec le travail:
L'histoire chez Mme Grégoire-Larivière s'est manifestée en 3 temps: d'abord en 1984, puis en 1986 et finalement l'épisode de 1989. Ces 3 épisodes se sont manifestés après les activités au travail et lors de l'analyse de ces activités, tel que le tout a été démontré par l'étude ergonomique de Mme Vézina, on ne peut que conclure qu'il y a des gestes répétitifs, que la pronation lors du mouvement de codage est importante au niveau du poignet et devient un deuxième facteur de risque et finalement qu'en présence d'un micro-traumatisme des épitrochléens, le temps de récupération avant réexposition aux facteurs de risque est insuffisant pour permettre une guérison intégrale des tissus.»
«Parce que tu prends un rythme à un moment donné, et quand t'essayes de diminuer, tu fais des erreurs, on dirait que tu sais plus ton clavier, t'as un moment d'hésitation. A un moment donné, tu prends un certain rythme et là ça va bien.»
«En travaillant au M.T.G.O.P. suite 607, j'ai ressenti une douleur à la main droite à partir de l'avant-bras jusqu'au petit doigt. J'ai été à l'infirmerie et l'infirmier m'a conseillé d'aller voir un médecin. Les douleurs sont apparues en codant.»
«Histoire du patient
a ressenti douleur au poignet droit, suite à des mouvements répétés (clavier) et s'est irradié jusqu'au coude (sensation de brûlure).
[...]
Douleur
Douleur intermittente à l'épitrochlée droite: sensation de brûlure s'irradiant jusqu'à la main.
[...]
- S.N.P./ S.N.C.
Hyperesthésie au pourtour de l'épitrochlée droite.
Réflexes normaux.
- Évaluation fonctionnelle
L'activité fonctionnelle est diminuée, difficulté à exécuter les moindres mouvements (échappe souvent objets).
Test = Phalen's positif dans le petit doigt
Tennis Elbow
N.B. Engourdissement dans les trois derniers doigts surtout le 1er doigt (nerf ulnaire): éminence hypothénar. (nerf ulnaire) Dermatomes C7-D1: hyperesthésie avant-bras droit.» (sic)
«Notes de 20 jours
Subjectivement: La patiente note une forte amélioration au niveau du cou: plus mobile et beaucoup moins douloureux, fréquence et durée des maux de tête diminuées. Cependant, il demeure une douleur au coude droit mais diminuée de 70% (épitrochlée) avec présence à l'occasion d'engourdissements au 5e doigt main droite.
La douleur à l'épaule gauche persiste encore.
Objectivement
-douleur à la pression postéro-antérieure des vertèbres (C6-C7-D1-D2, moins sensibles).
[...]
Analyse du traitement: Douleur aux membres supérieurs proviendrait du cou mais douleur cervicale diminuée.»
«Il s'agit tout probablement ici d'une épicondylite interne des coudes. La description des symptômes qu'elle nous donne peut nous faire penser également à une névrite des nerfs cubitaux; cependant, l'électromyogramme était négatif. J'ai fait également une glycémie aujourd'hui et celle- ci était normale.
Le diagnostic le plus probable dans son cas est donc une épicondylite interne du coude droit et à moindre degré, du coude gauche. Elle nous dit se servir aussi bien de sa main gauche que de sa main droite pour coder.»
«L'examen nous permet de noter une douleur, de légère à modérée, à la palpation de la face antéro-latérale de l'épitrochlée au coude droit. La flexion et l'extension du coude à la limite entraînent une allégation de douleur au niveau de l'épitrochlée. La patiente allègue un engourdissement de l'auriculaire et de l'annulaire. Cependant, le test à l'aiguille est bien perçu de la patiente, et ce au niveau des deux mains. La mobilisation du poignet est complète et asymptomatique. La force de préhension semble légèrement diminuée suite à une allégation de douleur à l'avant-bras.
Suite à notre évaluation, nous constations que Mme Corbeil présente à nouveau quelques signes et surtout une symptomatologie de récidive de l'épitrochléite au coude droit.»
«La douleur est apparue en codant au pupitre de codage. La douleur s'irradiait des doigts jusqu'à l'épaule (sensations de pesanteur, engourdissements).
Cette semaine-là, mon emploi du temps était de 4 heures de pupitre de codage et 4 heures de manuel. Donc main droite en mouvement pour coder et extension bras droit pour classer.»
«L'examen du coude met en évidence une légère sensibilité à la palpation de l'épitrochlée. Tous les mouvements de flexion, extension de l'avant-bras sur le bras sont normaux et asymptomatiques. La mobilité de la région radio-carpienne et cubito carpienne est normale. En effet, la pronation, supination, inversion et éversion se font sans aucune douleur. L'examen des articulations métacarpo-phalangiennes et inter-phalangiennes proximales et distales est tout à fait négatif. Les mouvements d'opposition pouce-index, majeur, 4e et 5e doigts sont souples et ne démontrent aucune limitation. Par ailleurs, l'intégrité de la musculature inter-osseuse est respectée. La sensibilité tactile, épicritique est tout à fait normale.»
«Il s'agit donc d'une épitrochléite droite dont la manifestation majeure est la douleur alléguée dans le territoire interne de l'avant-bras et ce, jusqu'aux 2 derniers doigts de la main.
Nous n'avons pu mettre en évidence aucun signe moteur ni sensitif déficitaire.
Compte tenu de la fonction occupée et de la nature des mouvements exécutés au sein de cette fonction, nous ne pouvons retenir de relation entre la nature de sa tâche et la blessure constatée.»
«SYMPTOMATOLOGIE:
Actuellement elle n'accuse que des douleurs occasionnelles. Ses douleurs sont toujours au niveau de la face interne du coude droit. L'augmentation des heures de travail au pupitre de codage ou au tri manuel ainsi que la manutention d'objets lourds est de nature à reprovoquer la douleur. La cessation des mêmes activités diminue la symptomatologie douloureuse. Les manoeuvres de Valsalva ne modifient pas la symptomatologie. Il n'y a jamais eu d'irradiation proximale au niveau du bras ou au niveau de la région cervico- dorsale. Il y a toujours occasionnellement une irradiation au niveau des 4ème et 5ème doigts de la main droite. Peu de relation avec les positions assise, debout ou couchée et peu de relation horaire.
Depuis le début donc, anti-inflammatoires non stéroïdiens, mise en application de plâtres, deux infiltrations en 1984 et en 1985 et des traitements de physiothérapie ont été faits mais la patiente demeure encore fragile.
EXAMEN PHYSIQUE :
L'examen neurologique des membres supérieurs ne démontre pas d'asymétrie au niveau de la force, de la sensibilité et des réflexes ostéo-tendineux. L'examen de la région cervico-dorsale est normal dans toutes les amplitudes. Il n'y a pas de cellulalgie asymétrique d'un côté par rapport à l'autre. Au niveau des mensurations, on note des mensurations symétriques au niveau des deux bras: 33.5cm à droite et à gauche alors que le bras droit est légèrement plus petit mais de façon non significative à 23.5cm à droite par rapport à 24.2 à gauche chez cette patiente ambidextre. Au niveau des amplitudes, il y a un valgus comparable au niveau des deux coudes d'environ 10 degrés. La flexion complète 140 degrés de part et d'autre et il n'y a pas de flexum. Les pronations et supinations sont dans les limites de la normale. Il persiste encore une légère sensibilité au niveau de l'épitrochlée qui n'est pas exacerbée de façon claire par la mise en tension des tendons fléchisseurs des doigts et du poignet. Le reste de l'examen paraît dans les limites de la normale.
INVESTIGATION:
EMG: l'étude électrodiagnostique est normale. Dr Lam Van Thach, le 20.02.1984, Institut de réadaptation de Montréal.
DIAGNOSTIC:
Epitrochléite.
DISCUSSION:
Diagnostic et relation.
Nous discutons principalement du diagnostic d'épitrochléite et de cette symptomatologie d'irradiation au niveau des 4ème et 5ème doigts de la main droite.
Depuis le début donc, la patiente a présenté tout d'abord ce tableau de paresthésies au niveau des 4ème et 5ème doigts accompagné d'une douleur bien localisée au niveau de l'épitrochlée.
Cette douleur au niveau de l'épitrochlée a été exacerbée par les manoeuvres résistées de la flexion palmaire et la mise au repos du tendon par l'immobilisation plâtrée ainsi que les infiltrations cortisoniques ont réussi à amener un bon amendement de la symptomatologie dans les deux récidives de 1986 et 1987.
En résumé donc, la symptomatologie l'examen clinique spécifique et l'épreuve thérapeutique confirment le diagnostic d'épitrochléite.
Par ailleurs, les paresthésies au niveau des 4ème et 5ème doigts qui étaient présentes et le sont toujours de façon intermittente malgré une étude électromyographique normale, sont probablement en relation avec une irritation du nerf cubital.
Relation:
Cette patiente de 40 ans, ambidextre, travaillant comme codeur, ramasseur et trieur depuis 1979, présente donc cinq ans après une symptomatologie attribuable à cette épitrochléite. L'utilisation à haute fréquence des fléchisseurs du poignet et des doigts, soit le mouvement hautement répétitif, est de nature à créer selon nous une récidive inflammatoire au niveau de l'épitrochlée et c'est la raison pour laquelle on se doit d'accepter la relation entre les gestes répétitifs et ce tableau d'épitrochléite en regard d'une maladie professionnelle.
CONCLUSION:
Diagnostic: Epitrochléite
La relation entre l'épitrochléite et les mouvements répétitifs utilisés dans le poste de C.R.T. doit être clairement acceptée.»
«[...]
Le Bureau de révision paritaire préfère laisser à la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles (C.A.L.P.) le soin de décider s'il est possible d'ajouter l'épicondylite à la section IV de l'Annexe I, puisque cette question est d'ordre médical et légal. Or, la Commission d'appel a rejeté dernièrement cette hypothèse car on ne lui a pas fait la preuve que l'épicondylite et la tendinite sont en quelque sorte assimilables.
En conséquence, le Bureau de révision paritaire retient que l'article 29 ne s'applique pas pour cette lésion.
Par contre, il existe un grand nombre de travailleurs occupant le poste de P04 à la Société des postes qui se sont vu reconnaître le fait que leur lésion (tendinite ou épicondylite) était en relation avec les gestes répétitifs posés au travail, et ce, aussi bien par la Commission des affaires sociales que par la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles. (sic)
Or, l'article 30 de la loi stipule que:
[...]
EN CONSEQUENCE, le Bureau de révision paritaire modifie la décision de première instance et décide que la travailleuse doit être indemnisée pour la période du 14 août au 3 octobre 1986.»
«La CALP a reconnue dans la décision 01690- 62-8612 du 5 avril 1988 qu'une épicondylite est une tendinite. A l'époque où Madame Corbeil a été soignée pour la tendinite et épicondylite elle effectuait un travail impliquant des répétitions de mouvements ou de pressions.
[...]
Compte tenu de la preuve au dossier et des circonstances, le Bureau de révision paritaire considère que la travailleuse bénéficie de la présomption de maladie professionnelle prévue à l'article 29 de la loi.
[...]
Le Bureau de révision paritaire est d'avis que la preuve soumise par l'employeur n'est pas de nature à renverser la présomption prévue à l'article 29; en effet, le témoignage de la travailleuse à l'audition au sujet de ses tâches, de même que la documentation au dossier amène le Bureau de révision paritaire à conclure que les mouvements sont essentiellement les mêmes d'une tâche à l'autre, qu'il y a toujours des gestes répétitifs et, ce, sur des périodes de temps prolongées.» (sic)
«J'essaie de coder plus vite, pas dû à cause de l'accident, mais avec les années, je pense que plus ça va plus on prend de l'expérience et on code. Ça vient automatiquement. Je veux dire, on connaît notre clavier.»
«Non, je pense pas. Je pense que, de toute façon, la mise au repos du tendon par deux (2) plâtres n'aurait rien changé si ç'avait été, par exemple, un diagnostic de douleur irradiée au niveau de la colonne cervicale. La patiente a répondu à un traitement local et la patiente, de toute façon, a recréé une symptomatologie identique par le même travail qui ne sollicitait pas de façon importante la colonne cervicale.
Si ç'avait été une irradiation, par exemple, au niveau de la colonne cervicale, il aurait été bien peu probable qu'un traitement local l'améliore. Il aurait fallu faire un traitement cervical pour l'améliorer.
Et, à cet égard, la relation est souvent établie entre une épicondylite externe et un problème au niveau de la colonne cervicale, mais au niveau de l'épicondyle interne, c'est nettement plus rare. Le diagnostic est également plus rare.»
«Je conclus donc, de l'étude de l'ensemble des notions contenues dans ce dossier-là, que cette dame a présenté vraisemblablement une pathologie douloureuse au site d'insertion du tendon commun des fléchisseurs sur l'épitrochlée ou à proximité, soit une épitrochléalgie ou une épitrochléite. On le sait pas mais, en tout cas, elle avait mal dans cette région-là.
Mais cependant, à cause des symptômes allégués d'engourdissements des 4e et 5e doigts, accompagnés de sensation de main froide, en plus de l'échec du traitement chirurgical qui a été pratiqué pour corriger ce qui avait été qualifié depuis le départ d'une épitrochléite, je retiens comme hypothèse la plus plausible, sinon la plus probable, encore une fois une irritation du nerf cubital. Dans le cas de madame Larivière Grégoire, il n'est pas question de douleurs cervicales à aucun moment. On ne peut pas penser qu'il peut y avoir une irritation au niveau d'une racine.»
358. Une personne qui se croit lésée par une décision rendue par la Commission en vertu de la présente loi peut, dans les 30 jours de sa notification, en demander la révision par un bureau de révision constitué en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (chapitre S-2.1)
Cependant, une personne ne peut demander la révision d'une question d'ordre médical sur laquelle la Commission est liée en vertu de l'article 224 ou 233 ou d'une décision que la Commission a rendue en vertu de l'article 256.
359. Une personne qui se croit lésée par une décision rendue par un bureau de révision à la suite d'une demande faite en vertu de l'article 358 peut en interjeter appel devant la Commission d'appel dans les 60 jours de sa notification.
360. Une personne qui désire contester une décision de la Commission en ce qui concerne une question d'ordre médical déterminée par l'arbitre en vertu de l'article 221 ou par le comité spécial en vertu de l'article 231 peut en interjeter appel devant la Commission d'appel dans les 60 jours de sa notification.
212. L'employeur peut contester l'attestation ou le rapport du médecin qui a charge de son travailleur victime d'une lésion professionnelle s'il obtient un rapport d'un médecin qui, après avoir examiné le travailleur, infirme les conclusions du médecin qui en a charge quant à l'un ou plusieurs des sujets suivants:
1? le diagnostic;
2? la date ou la période prévisible de consolidation de la lésion;
3? la nature, la nécessité, la suffisance ou la durée des soins ou des traitements administrés ou prescrits;
4? l'existence ou le pourcentage d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique du travailleur;
5? l'existence ou l'évaluation des limitations fonctionnelles du travailleur.
L'employeur transmet copie de cet rapport à la Commission dans les 30 jours de la date de l'attestation ou du rapport qu'il désire contester, pour que celle-ci le soumette à l'arbitrage prévu par l'article 217.
224. Aux fins de rendre une décision en vertu de la présente loi, la Commission est liée par le diagnostic et les autres conclusions établis par le médecin qui a charge du travailleur relativement aux sujets mentionnés aux paragraphes 1° à 5° du premier alinéa de l'article 212.
Cependant, si un arbitre rend un avis en vertu de l'article 221 infirmant le diagnostic ou une autre conclusion de ce médecin, la Commission devient liée par cet avis et modifie sa décision en conséquence, s'il y a lieu.
400. La Commission d'appel peut confirmer la décision, l'ordre ou l'ordonnance porté devant elle; elle peut aussi l'infirmer et doit alors rendre la décision, l'ordre ou l'ordonnance qui, selon elle, aurait dû être rendu en premier lieu.
«Lorsque l'organisme d'appel possède une telle juridiction, il se trouve en fait à exercer la même juridiction que l'organisme de première instance, à un échelon supérieur. L'objet de la décision est, en définitive, le même. L'organisme d'appel ne devrait donc pas être dans une position ni pire ni meilleure que celui de première instance.»
«La Commission d'appel considère qu'elle ne peut pas être liée par une fausseté, d'autant plus que les investigations subséquentes ont permis de préciser le problème qu'accuse le travailleur.»
2. Dans la présente loi, à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend par:
«lésion professionnelle»: une blessure ou une maladie qui survient par le fait ou à l'occasion d'un accident du travail, ou une maladie professionnelle, y compris la récidive, la rechute ou l'aggravation;
«maladie professionnelle»: une maladie contractée par le fait ou à l'occasion du travail et qui est caractéristique de ce travail ou reliée directement aux risques particuliers de ce travail;
29. Les maladies énumérées dans l'annexe I sont caractéristiques du travail correspondant à chacune de ces maladies d'après cette annexe et sont reliées directement aux risques particuliers de ce travail.
Le travailleur atteint d'une maladie visée dans cette annexe est présumé atteint d'une maladie professionnelle s'il a exercé un travail correspondant à cette maladie d'après l'annexe.
SECTION IV | |
MALADIES CAUSÉES PAR DES AGENTS PHYSIQUES | |
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2. |
un travail impliquant des répétitions de mouvements ou de pressions sur des périodes de temps prolongées; |
«La Commission d'appel a déjà décidé, en interprétant le paragraphe 2 de la section IV de l'annexe I, que la catégorie «lésion musculo-squelettique» était limitée aux seuls cas énumérés entre parenthèses, soit la bursite, la tendinite ou la ténosynovite. Dans l'affaire Champagne et Canadien Pacifique(4), la Commission d'appel, appelée à décider si la maladie de Dupuytren était une lésion musculo-squelettique au sens de l'annexe I, affirmait ce qui suit :
Cette maladie entre-t-elle, par ailleurs, dans la catégorie de «lésion musculo- squelettique se manifestant par des signes objectifs (bursite, tendinite, ténosynovite)»?
La Commission d'appel est d'avis, que contrairement à la prétention de l'appelant, cette catégorie est limitée aux seuls cas qui y sont énumérés. En effet, si le législateur avait voulu que d'autres lésions puissent entrer dans cette catégorie il aurait manifesté son intention en employant des mots comme «notamment», avant l'énumération ou «etc.» après l'énumération, ou il se serait abstenu d'identifier précisément des lésions, comme il l'a fait pour les sept autres catégories.
En conséquence, comme la maladie de Dupuytren n'est pas mentionnée à la section IV de l'annexe I, la Commission d'appel conclut que l'appelant ne peut bénéficier de la présomption énoncée à l'article 29 de la loi(5).
[...]
Dans la présente instance, rien dans la preuve n'indique que la travailleuse a présenté une ténosynovite, ni d'ailleurs une tendinite ou une bursite ayant causé le syndrome du tunnel carpien dont elle est affectée.
La Commission d'appel considère donc que le fait d'avoir compris le syndrome du tunnel carpien dans les maladies visées à la section IV de l'annexe I est une erreur de droit manifeste qui constitue une cause de révision de la décision, en vertu de l'article 406 de la loi.
En effet, il s'agit là d'une erreur de fait mais surtout de droit, en ce sens que, en incluant ce syndrome à l'annexe I, le commissaire élargissait la portée de l'annexe, ce que seul le législateur peut faire.»
«Les présomptions légales sont de droit étroit et leur caractère strict impose une interprétation restrictive.»(6)
«On constate que l'épicondylite n'est pas mentionnée de façon spécifique au paragraphe 2 de la section IV. Cependant, comme l'indique le Dictionnaire pratique de médecine clinique, par L. Perlenuter et A. Lenac (2ème édition, Masson, Paris, 1982):
«(...) Les épicondylites sont des tendinites d'insertion au coude des muscles épicondyliens, supinateurs de la main (...)»
L'épicondylite est donc une forme spécifique de tendinite et il n'est conséquemment pas nécessaire d'en faire la mention au paragraphe 2 de la section IV.»
«affection caractérisée par une douleur épicondylienne exacerbée par la pression et qui serait due, au moins dans la plupart des cas, à une tendinite des muscles épicondyliens».
«inflammation de l'épicondyle. Douleur siégeant sur l'épicondyle, survenant à la suite du surmenage de l'avant-bras ou d'un léger traumatisme provoquant une irritation périostée de cette région».
Épitrochléalgie ou épitrochléite: «Douleur siégeant sur l'épitrochlée, survenant à la suite du surmenage de l'avant-bras ou d'un léger traumatisme provoquant une irritation périostée de cette région».
Epicondylitis: "infection or inflammation of an epicondyle".
Epicondylitis: "inflammation of the epicondyle or the tissues adjoining the epicondyle of the humerus".
1985 : «inflammation des tendons des muscles qui s'insèrent sur l'épicondyle».
1992 : «syndrome douloureux traduisant l'inflammation de la région de l'épicondyle».
«Donc on est allés voir au niveau de la sémiologie ce que ça voulait dire un comme l'autre. Au niveau du dictionnaire de médecine lorsqu'on prend épitrochléalgie ou épitrochléite, c'est vraiment des synonymes. Les deux sont en relation avec une tendinite des muscles épitrochléens.
Il est certain qu'il peut y avoir d'autres étiologies à la douleur locale au niveau de l'épitrochlée, mais quand on parle des termes et qu'on les sépare de façon aussi nette, je pense qu'il faut faire attention et on doit souvent dire que les cliniciens ont le choix entre les deux termes.
Et dans un contexte où les tendons sont en cause, la relation avec la tendinite est certaine.»
«Les gens qui l'ont étudié nous disent qu'au niveau des tendons, ce n'est pas uniquement un phénomène de douleur mais c'est un phénomène inflammatoire qui se prouve microscopiquement par le tissu de granulation qui est présent lorsqu'on fait la biopsie dans les tendons qu'on désinsère.»
«Les entésopathies sont en général de deux natures: soit de nature dégénérative ou de nature inflammatoire. Au niveau des enthésopathies, on peut avoir des natures microtraumatiques aussi. Donc, un point d'insertion, lorsqu'il devient inflammé, on peut dire que c'est une enthésopathie, mais c'est vraiment rendre ça complexe. On peut appeler ça une tendinite d'insertion aussi.
Mais si on joue avec les termes, on peut vraiment mettre ça comme des synonymes. Enthésopathie égale insertion d'un ligament ou d'un tendon dans une structure osseuse qui devient lésée; "pathie" pour maladie.
Si on prend les enthésopathies dans le contexte des maladies, et non pas microtraumatiques, on va les trouver dans les dégénératifs à des sites relativement précis, et je vous ramène dans le livre pour démontrer qu'au niveau du coude, ça va être surtout au niveau de l'olécrâne. L'olécrâne étant la structure postérieure du coude, donc c'est la partie qu'on va toucher ici, on va avoir des calcifications qui s'insèrent et c'est le site où on va retrouver, dans un contexte où un individu en aurait partout, des sites de calcification qui témoignent de l'atteinte téno-périostée du tendon tricipital.
Au niveau de nos patients, ce n'est pas le site qui est visé. Le site qui est visé, c'est l'épitrochlée. Donc, appeler ça une enthésopathie et qu'on dise en même temps que c'est pas microtraumatique, il faudrait nous dire que c'est soit une maladie inflammatoire ou que c'est dégénératif et quasi-spontané.
A partir de là, on a regardé où ça situait et ce n'est pas les mêmes sites. Le dégénératif s'installe au niveau de l'olécrâne alors que toutes les enthésopathies inflammatoires sont surtout vertébrales.
Là, on passe aux maladies de Reiter, la spondylite ankylosante. Et c'est dans ce contexte de famille qu'on va retrouver les phénomènes d'enthésopathie inflammatoire ou des indices de maladie vertébrale pour voir si c'est un contexte global, pour affirmer que c'est cette entité-là, et on pourra prendre les conclusions par la suite.»
«Par contre, si vous jouez au tennis et que vous allongez votre bras de levier, artificiellement, le bras de levier étant le membre supérieur, d'accord, vous venez en contact avec un mouvement de force pour contrecarrer une balle qui vient dans une vitesse opposée à une force donnée, avec un nerrage (tel qu'entendu) qui est de qualité et de nature et de force de tension différente et un mécanisme mécanique de transmission qui est soit en graphite, en métal ou en bois, il y a une onde de choc de transmission qui part du moment où la balle arrive jusqu'au point d'insertion de votre tendon commun des extenseurs.
Et on développe une pathologie d'insertion parce que l'onde de choc arrive à l'ancrage du tendon et va tenter, va probablement arracher son insertion sur, en tout cas, l'étirer sur le périoste, sur l'enveloppe de l'os et déclencher des phénomènes douloureux.» (sic)
«Epicondylite (tennis elbow):
Affectation caractérisée par une douleur siégeant au niveau du pôle antéro-inférieur de l'épicondyle, irradiant le long du bord radial de l'avant-bras et réveillée par les mouvements d'extension et de supination de l'avant-bras.
Tennis elbow:
Condition characterized by pain over the lateral epicondyle of humerus radiating to outer side of arm and forearm and aggravated by dorsiflexion and supination of wrist.»
"Tennis elbow or lateral epicondylitis is a name used for a painful condition at or about the lateral epicondyle of the humerus. Characteristically symptoms are experienced when the wrist and finger extensors are actively used while the elbow is in extension.
Thus far no agreement has been reached as to the appropriate name for this condition because its pathogenesis is still obscure. Only a minority of the patients are actually tennis players and the term epicondylitis is equally unsatisfactory because the pain may be located at various points in the elbow rather than at the lateral epicondyle. Bowden suggested that the proper term for tennis elbow might be lateral elbow syndrome.
[...]
A multitude of pathological entities have been set forth for tennis elbow. Some authors have suggested that this disease incorporates numerous pathologies of different etiologies. [...]"
"The most popular explanation for tennis elbow is still the one described originally by Cyriax. According to this theory there are macroscopic and microscopic tears between the common extensor tendon and the periostum of the lateral humeral epicondyle; these tears are caused by repeated stress and strain.
[...]
However, Goldie reported no gross tears in the tendons of the patients on whom he had operated.
Another major theory concerning the pathogenesis of tennis elbow originates from the aforementioned extensive study by Goldie. He reported the presence of a subtendinous space containing areolar tissue at the site of tennis elbow symptoms. Goldie reported that in all his tennis elbow patients this subtendinous space was filled with granulation tissue which, with tuftlike expansion, invaded the aponeurosis. Free nerve endings were located in this granulation tissue, the removal of which caused complete recovery from the symptoms. Goldie also reported a hypervascularization of the aponeurosis and the subtendinous space with marked edema.
[...]
However, Boyd and McLeod operated on 37 patients and reported that granulation tissue was not recognized in the subtendinous space of their patients.
The concept of neuritis of the radial nerve as a cause of tennis elbow symptoms was introduced by Kaplan. A more specific form of entrapment neuropathy of the deep branch of the radial nerve was suggested as a cause of tennis elbow by Roles and Maudsley. [...] The clinical symptoms seen were those of the classical tennis elbow with an additional motor weakness of the extensors.
[...]
In his recent study, Werner estimated the share of posterior interosseus nerve entrapment to be around 5% among tennis elbow patients.
It has been claimed that cervical spondylosis could be a cause of tennis elbow. However, in most of the studies in which this etiology is implicated, the diagnostic criteria have been inconsistent. A clinical examination can distinguish pain in the elbow arising from the neck from pain due to tennis elbow. The elbow pain evoked by wrist movements cannot originate from the neck."
"Tennis elbow is generally defined as a painful condition at the lateral aspect of the elbow joint. Despite the name, the disease affects persons with sedentary occupations more often than those playing tennis. But the name has persisted because both the etiology and the treatment of tennis elbow have remained a subject for constant revision since it was first described more than a hundred years ago.
In our attempt to reappraise tennis elbow, we have used the term only in patients who could relate their painful elbow to extensor movements of the wrist joint. [...] Therefore, we do not consider all conditions which give rise to pain at the lateral aspect of the elbow joint as tennis elbow. In fact, in our study on tennis elbow, we have excluded direct trauma on the elbow, chondromalacia of the radial head, impinged synovial folds between lateral humeral epicondyle and the radial head, and nerve root irritation at the cervical spine in conjunction with a painful elbow.
The pain at the elbow can be provoked by both isometric and isotonic contractions as well as passive stretching of the extensor muscles of the forearm. Pathological changes in a number of structures have been implicated in the causation of pain: in the common extensor tendon with consequent involvement of the lateral epicondyle, in annular (orbicular) ligament of the radial head, and in the subtendinous areolar tissue or bursa.
[...]
The patients were operated following a precise localization of pain. The common extensor tendon was detached from the lateral epicondyle and portions of the tendon were resected usually along with that of the annular ligament. Also, in most of the cases, the subtendinous connective tissue and/or a part of the lateral epicondyle were excised.
[...]
RESULTS:
All of the tendon specimens showed scattered areas of thinning and fibrillation of bundles. [...] Microruptures of the tendinous bundles were present in almost all of the extensor tendon fragments although they were not discernible during surgery. [...] The most conspicuous as well as the most consistent finding in both the common extensor tendon and the annular ligament was the presence of vascular agglomerations. [...] Both the areas of microrupture and vascular aggregations were essentially devoid of acute or chronic inflammatory cells. Calcification found in three cases was histologically multifocal, causing destruction of the tendinous tissue. [...] The decalcified pieces of lateral epicondyle showed irregularity of the blue line. The subtendinous adipose tissue frequently contained areas of vascular and fibroblastic cell proliferation.
DISCUSSION:
The present study indicates that in order to form a rationale for its treatment, tennis elbow may only be considered when the elbow pain can be directly related to extensor movements of the wrist. Consequently, tennis elbow should be redefined as a condition which manifests itself clinically as well as pathologically at the lateral side of the elbow but which is caused by mechanical strain originating at the radiocarpal joint of the wrist.
That a mechanical strain is primarily responsible for the pathological changes was evidenced by an absolute lack of any morphological signs of inflammation (italiques de l'auteur). The strain is propagated to the common extensor tendon and then to the lateral epicondyle through the tendo-osseous junction. Similarly, the annular ligament tends to be affected because the fibers of the extensor carpi radialis brevis blend into it. Thus, the same strain causes alterations in more than one structure, and indeed, we are inclined to believe that tennis elbow may not become symptomatic until and unless there is multistructural involvement.
The histopathological changes, none of which can be considered pathognomonic, consisted of two types of processes: degenerative and reactive. The degenerative aspects were represented by thinning and fibrillation of tendon bundles, cystoid spaces and microruptures.
It has been shown that thinning and fibrillation of the extensor tendon can occur as early as in the second decade. It may be assumed, then, that among individuals between 35 and 45 years of age, the period to which most of our patients belonged, these changes were in all likelihood universal, and existed in the common extensor tendon before the symptoms of tennis elbow began. Furthermore, because of these changes, the tendon bundles probably failed to undergo a required degree of deformation when subjected to strain, and thus became susceptible to microruptures.
The reactive changes were cellular as well as vascular. The hypercellularity along with the appearance of tenocytes with plump, irregular configurations probably indicated a general reaction on the part of the tendon to an abnormal external stimulus rather than to a local phenomenon such as thinning or fibrillation. The presence of numerous fibroblastic cells in conjunction with the vascular congeries was probably indicative of a reparative process in the attempt to reconstitute the tendon.
[...]
A routine pathological examination of tissues did not elucidate the cause of pain in tennis elbow. It appeared that the physical phenomenon of stretch is more important in causing pain than any intrinsic pathological change within the structures.
We believe, then, that the development of tennis elbow is likely to be multifactorial. As the condition appeared mostly in the fourth and the fifth decades, the age- related changes in tendons had to be taken into consideration despite the fact that similar changes may be found in normal individuals. The type of activities that induced the pathological changes primarily involved marked extensor movements of the wrist perpetuated frequently (italiques de l'auteur). [...] It is well known, however, that symptoms would disappear spontaneously in many patients. In those instances we postulate that the patients, knowingly or unknowingly, would avoid wrist activities that provoke pain, thus allowing the common extensor tendon and the associated structures to repair themselves."
"POSTERIOR INTEROSSEOUS NERVE SYNDROME. When the radial nerve bifurcates, the deep branch, the posterior interosseous nerve (PIN), passes under the fibrous edge of the extensor carpi radialis and through a space in the supinator muscle. Entrapment of the PIN in this region results from forceful supination-pronation of the arm or abrupt extension of the elbow, movements associated with tasks, such as hammering with a straight elbow in an awkward position {Sharrard, 1966}, lifting with arms extended {Roles and Maudsley, 1972}, or conducting an orchestra {Spaans, 1970}. Entrapment of the PIN can occur with motions using outstretched arms (extension of elbows) or when heavy arm bands of a purse or a vendor's tray press against the dorsal aspect of the forearm. The early sign of posterior interosseous nerve syndrome is the inability to extend the little or ring finger. Also, extension of the middle finger while the elbow is extended produces pain in the region of the common extensor origin {Roles and Maudsley, 1972}.
[...]
SUPINATOR SYNDROME. Pain near the lateral epicondyle of the humerus, which is produced when the wrist and finger extensors are actively used while the elbow is in extension, as in a forceful backhand tennis stroke, is sometimes called "tennis elbow", "lateral epicondylitis",or the "lateral elbow syndrome" {Kurppa et al, 1979b}. It is also termed supinator syndrome. Although the symptoms have been attributed to a localized myofascitis or localized bursitis, in many patients this problem is caused by compression of the PIN {Roles and Maudsley, 1972; Werner, 1979; Kurppa et al, 1979a}. Roles and Maudsley {1972} report successful treatment in 36 individuals with resistant tennis elbow by surgically decompressing the radial nerve. Their study also made note of the apparently large number of their patients whose occupations involved repeated pronation and supination or forceful extension. A maintenance builder using a sledgehammer and machine operators lifting with arms extended were examples cited."
«L'épicondylite est une affection de l'âge mûr qui survient après des efforts répétés et violents en extension, supination et déviation radiale contrariée du poignet.
[...]
L'épicondylite paraît bien être une tendinite d'insertion du deuxième radial mais dans 10% des cas, il y aurait atteinte musculaire et même nerveuse par compression du nerf interosseux postérieur. Pour certains, 60% des épicondylites seraient symptomatiques de lésion cervicale. La tendinite d'insertion est un arrachement ostéo-périosté entraînant des réactions inflammatoires, parfois nécrotiques.»
"The terms tennis elbow syndrome, lateral epicondylitis, and lateral elbow pain are used for a painful condition at or about the lateral epicondyle of the humerus. The clinical picture is often fairly uniform, although the pathomechanism by which the symptoms are produced may vary."
"The term "tennis elbow" is used to designate one or more of several conditions, some well defined and some vague, that result from repetitive stress and cause pain and tenderness in the lateral side of the elbow.
[...]
The term "epicondylitis" should probably be reserved for those patients in whom tenderness is localized to the lateral epicondyle. Some believe that tenderness here is caused by single or multiple small tears within the common tendon of origin of the extensor muscles, but others believe it to be a result of periostitis caused by repeated strains. [...] Nirschl believes that the pathology is extraarticular in the common extensor aponeurosis and the triangular sub-aponeurotic space and has suggested, for protracted symptoms, release and realignment of the common extensor and extensor carpi radialis brevis aponeuroses as well as exploration of the subaponeurotic space. In a series of 88 elbows treated surgically, he identified "angiofibroblastic" proliferation in the origin of the extensor carpi radialis brevis. Following excision of the lesion and repair of the extensor aponeurosis the improvement rate was 97.7% (only 2 failures).
Gardner has demonstrated tears in the common extensor origin as well as a torn capsule and radial collateral ligament. [...] Of 39 patients treated surgically by Coonrad and Hooper, tears were demonstrated in the common extensor origin in 28; 22 were superficial, 6 were deep to the muscle, and 4 were at the origin. Of the 11 patients in whom a tear could not be demonstrated, 9 had scar tissue in the common extensor tendon. All 39 obtained satisfactory results."
"TENNIS ELBOW (LATERAL HUMERAL EPICONDYLITIS)
A strain of the lateral forearm muscles (extensors of the digits and wrist) or their tendinous attachments near their origin on the lateral epicondyle of the humerus. Medial humeral epicondylitis (golfer's elbow) is a comparable syndrome involving forearm fibers - pronators and their attachments. These complaints are common but their etiology or pathogenesis is uncertain. Lateral humeral epicondylitis may be caused by repetitive strenuous supination of the wrist against resistance, as in manual screwdriving, or by violent extension of the wrist with the hand pronated, as in tennis. The disorder can be disabling. It must be differentiated from that involving the radiohumeral joint. The middle-aged athlete or worker is at greatest risk for this condition."
«Il faut distinguer l'épicondylopathie humérale (externe), ou tennis elbow, et l'épitrochléopathie (interne) appelée également coude du golfeur ou du lanceur de poids. L'origine des extenseurs de la main et des doigts, sur l'épicondyle, est une zone susceptible de donner lieu à des douleurs et en cas d'atteinte plus rare de l'épitrochlée, les douleurs siègent à l'origine des fléchisseurs de la main et des doigts. L'évolution de cette affection peut être aiguë, subaiguë ou chronique. Des phénomènes d'usure et une surcharge des tendons sur leur insertion, leur origine et leur voisinage immédiat entraînent des altérations dégénératives des fibres et du cartilage fibreux comportant des phénomènes inflammatoires et de réparation partant de la zone du cartilage fibreux.
[...]
Dans l'étiologie de ces rhumatismes des parties molles périarticulaires, le rôle essentiel revient à des efforts prolongés ou exagérés, par exemple lors de la pratique du tennis, du golf ou du hand-ball. Un vieillissement incipiens et une diminution de la qualité des fibres de collagène chez des sujets d'âge moyen ou avancé, passent pour être des facteurs prédisposants liés à l'âge chez chaque sujet et on suppose également une transformation en un autre type de collagène moins résistant aux efforts (Gay). Pour apprécier le syndrome algique, l'hypersensibilité douloureuse chez les sujets psychiquement labiles, chez les femmes à l'âge de la ménopause, etc... joue un rôle déterminant. Ainsi, des facteurs psychiques également participent-ils à l'installation et à l'entretien de cette épicondylopathie entre autres (Labhardt et Müller). Des traumatismes, des micro- traumatismes, des facteurs thermiques, des conditions météorologiques et des atteintes dégénératives de la colonne cervicale peuvent, en dehors de toute surcharge mécanique, aboutir à l'apparition de ce syndrome algique multifactoriel. Souvent, on observe ces périarthropathies comme symptômes précoces ou tardifs au cours des maladies systémiques telles que la polyarthrite rhumatoïde ou la goutte avec hyperuricémie. Dans 10% des cas environ, aucune étiologie ne peut être mise en évidence (évolutions idiopathiques).»
"Various aetiologies have been proposed, but most authorities consider that true lateral epicondylitis, with precisely localised tenderness, arises spontaneously: it is rare for the condition to result from a specific injury, though elbow injuries are common. It seems likely that tennis elbow is a mild degenerative condition of fibrous connective tissue where several muscles attach to a small bony point. It is common in middle age, as are other connective tissue problems such as rupture of the calcaneal tendon."
"The syndrome of chronic disabling pain in the elbow, particularly about the radiohumeral articulation, is designated "tennis elbow" rather than epicondylitis or radiohumeral bursitis in view of lack of specificity regarding its origin.
ETIOLOGY: The actual cause is unknown. It is common in individuals whose occupations require frequent rotary motion of the forearm (e.g. tennis players, pipefitters, carpenters). Frequently, it is associated with tendinitis of the shoulder, fibrositis of the back and other collagenous degenerative conditions occurring in young and middle-aged adults.
CLINICAL PICTURE: The onset is gradual. An ache appears over the outer aspect of the elbow and is referred into the forearm. It is persistent and intensified by grasping or twisting motions. [...] The condition infrequently involves the medial epicondyle. In this case, the pain and the tenderness exist about the medial epicondyle and the common flexor pronator tendon of origin. Activities which impose tension on this tendon accentuate the pain. The discomfort is intensified by strong grasping, active flexion of the wrist and pronation of the forearm against resistance.
[...]
PATHOLOGY: The actual pathology is unknown. The majority of opinions indicate that the condition is caused by a partial tearing of the tendon fibers from their attachments to the epicondyle and the epicondylar ridge; the constant muscle contractions prevent healing, creating a traumatic periostitis. [...] Bosworth demonstrated that the annular ligament undergoes hyaline degeneration and may be the source of pain. [...] Other reported pathological conditions include: arthritis of the radio-humeral joint, radiohumeral bursitis, traumatic synovitis of the radiohumeral joint through forced extension and supination and periostitis or osteitis of the epicondyle."
"Another cause of elbow pain is "tennis elbow", or epicondylitis, which results from repeated pulling of the forearm extensor muscles from their tendinous insertion into the lateral humeral epicondyle. Pain, sharply localized to the lateral epicondyle, not accentuated by motion but markedly increased by attempting to extend the wrist against resistance is characteristic. Patients with this problem can pick up a weight comfortably with the palm facing up, but not with the palm down. The opposite is true with medial epicondylitis. In this case, the inflammation is at the tendinous insertion of the wrist and hand flexors at the medial epicondyle, a condition sometimes referred to as "golf elbow". Tenderness, sharply localized to one of the epicondyles, pain accentuated by forceful contraction of one of the muscles groups of the forearm, and the absence of pain on motion of the elbow are helpful signs in diagnosis."
"There are several varieties of connective tissue junctions including tenoperiostal, ligamentoperiostal, myofascial and costochondral, where chronic painful lesions arise.
[...]
TENOPERIOSTAL LESIONS:
[...]
Elbow epicondylitis on the lateral side is termed "tennis elbow" and is usually due to a traumatic lesion in the common extensor origin. This may be related to a poor back- hand style; sometimes a blow to the elbow seems to initiate symptoms, but often an obvious extrinsic cause is lacking. The lesion can be troublesome for years, presumably due to repetitive irritation by use, and most disabling. In a surgical study of 113 patients Goldie (1964) observed infiltration of the aponeurosis with granulation tissue: symptoms were relieved by excision of the latter but no evidence of tearing of muscle fibers was seen. Passive movements of the elbow are full, although snap-extension may be painful. Pain is induced by resisted radial deviation of the wrist or by a powerful grip, and an area of exquisite local tenderness is found over the lateral humeral epicondyle. [...] General measures include avoidance of over-strain, improvement of sport techniques, adjusting the weight and size of grip of the racquet and firm strapping support for the wrist (not the elbow).
[...]
The medial epicondyle (golfer's elbow) is less commonly affected and less severe, producing pain on ulnar deviation of the wrist."
«L'épicondylalgie est assurément l'affection du coude la plus fréquente. Ce terme regroupe plusieurs affections (Tableau 23-1) constituant un syndrome clinique caractérisé par une douleur au niveau de l'épicondyle et des structures anatomiques avoisinantes. Les termes épicondylite, épicondylalgie, "tennis elbow" et bursite radio-humérale sont souvent utilisés à tort comme synonymes; chacun de ces termes a sa signification propre. Le terme épicondylalgie devrait être réservé au syndrome douloureux local; épicondylite, à la réaction inflammatoire de l'insertion tendineuse des muscles épicondyliens; "tennis elbow", à l'affection survenant chez un joueur de tennis. Le terme bursite radio-humérale ne devrait pas être utilisé car l'articulation radio-humérale est constituée de surfaces articulaires et de ligaments, sans bourse locale. S'il y a inflammation à ce niveau, le terme exact serait ligamentite, synovite ou arthrite radio-humérale.
Etiopathogénie: L'épicondylalgie est une lésion caractérisée par une inflammation tissulaire des structures atteintes à la phase aiguë, évoluant vers un processus de granulation et parfois de calcification à la phase chronique.
Les épicondylalgies primaires (provenant du coude) sont, comme la plupart des tendinopathies, attribuables à des traumatismes. Le traumatisme peut être unique, mais le plus souvent l'affection est en relation avec des microtraumatismes répétés durant les activités de la vie quotidienne, le travail et le sport. Les épicondylalgies secondaires sont d'origine cervicale et souvent méconnues. Elles sont le plus souvent dues à un dérangement intervertébral mineur, mais parfois à une radiculopathie cervicale.
[...]
Tableau 23-1 - AFFECTIONS RESPONSABLES DE L'EPICONDYLALGIE
-Epicondylite des muscles épicondyliens
-Périostite d'insertion
-Synovite, capsulite et ligamentite de l'articulation radio-humérale
-Chondromalacie et ostéo-arthrite radio- humérale
-Dysfonction radio-humérale
-Epicondylalgie d'origine locale par spasme musculaire fonctionnel
-Epicondylalgie d'origine cervicale»
[...]
Epitrochléalgie: L'épitrochléalgie est sensiblement l'équivalent de l'épicondylalgie. Elle est attribuable à une inflammation de l'insertion tendineuse des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts sur l'épicondyle du coude (épitrochléite). Sa fréquence est nettement moindre. Chez le sportif, l'affection survient chez le golfeur et le lanceur de baseball utilisant des balles cassantes. [...]»
"The area of attachment of tendons, ligaments and joint capsules to bone, the enthesis, is a highly important but poorly understood musculoskeletal region.
[...]
Two mechanisms of tendon insertion into bone have been described. The first involves propagation of the tendon fibers to form part of the periosteum of the bone. The second, the most important and common type, is the direct perforation of fibers from the tendon into the bony lamellae. Histological study of the cat patellar insertion into the tibia has shown the presence of 4 characteristic zones, the tendon (or ligament or joint capsule), fibrocartilage, mineralized fibrocartilage and bone. A "blue line" is noted between the calcified and noncalcified fibrocartilage, as is also seen in articular hyaline cartilage.
[...]
The enthesis is metabolically active, has a large potential vascular supply and is highly innervated, particularly with nerves serving the sensation of pain. The parallel collagen arrays provide an ideal physical adaptation for tensile-force transmission. [...] In addition this region might provide the gradual transition of tension and sheer modules required to avert the chance of failure under force in this area.
The enthesis is commonly involved in musculoskeletal pathology. Physical trauma or abnormal posture are common causes of everyday enthesopathy and may affect a host of sites both spinal and extraspinal. Changes in the enthesis may also result from a degenerative process either within the enthesis itself or in associated structures. [...] Finally, and of importance here, the enthesis is a prominent target organ in some specific inflammatory and metabolic conditions."
«Les tendons s'insèrent dans le cartilage ou dans l'os. Il s'agit toutefois d'un type bien particulier d'insertion:
[...]
au niveau de l'os, l'attachement se fait par les fibres de Sharpey; il s'agit d'une extension des fibres de collagène à l'intérieur de la substance de l'os.»
"SYNDESMOSES AND ENTHESES
Degeneration of tendons, interosseous ligaments, and interosseous membranes is common in older individuals, particularly near the sites of attachment of these structures to bone. [...] At osseous sites of tendon attachment, a degenerative enthesopathy becomes evident, with alteration in the regular tendinous fibers, disruption of the fiber bundles that are anchored to the underlying bone, and hyperostosis of the osseous tissue. [...]
Enthesopathies are not confined to degenerative disorders. Inflammatory enthesopathies are common in ankylosing spondylitis and other spondylarthropathies."
"The muscle-tendon unit may be inflamed in the area of the tendon sheat (tenosynovitis) or outside of it, in the paratenon and the muscle-tendon junction (peritendinitis). Both variants resemble each other with regard to their clinical picture, but the location is different.
[...]
Terminology on the disorders of the tendon and structures associated with it is still unsettled. As Griffiths remarked years ago, the word tenosynovitis is used so vaguely that it has come to mean little more than a painful disability arising in or around a tendon or a group of tendons. According to Dorland's Illustrated Medical Dictionnary, the names tenosynovitis, tendovaginitis, tenovaginitis, and peritendinitis are synonymous.
We prefer using the term tenosynovitis as a name for the inflammation of the tendon sheath. After scrutinizing the historical findings described in the litterature, we, like some others, distinguish it from peritendinitis, which is the name for the inflammation of the paratenon, muscle-tendon junction, and adjacent muscle tissue.
Tendinitis is the name for the inflammation of the tendon tissue which may cause thickening of the tendon and even lead to its locking (trigger finger). Insertion tendinitis means inflammation at the insertion point of the tendon to the bone. Tenosynovitis may develop into stenosing tenosynovitis, in which the tendon sheath is narrowed, e.g., de Quervain's disease, which is stenosing tenosynovitis of the long and short abductor muscles of the thumb.
Especially with regard to older publications, it is sometimes impossible to decide whether the article concerns cases of tenosynovitis or peritendinitis or both entities. In our present review, we have used the term muscle-tendon syndrome to comprise both variants."
"Tendinitis and tenosynovitis refer to inflammation of the tendon and tendon sheath, respectively. Both are associated with painful impairment of motion involving the tendon. Tendon swelling, as well as crepitations, can be found on physical examination. [...] Some authors distinguish tendinitis from peritendinitis, which refers to inflammation of the muscle tendon junction and adjacent muscle tissue. The diagnosis is based on the presence of pain on palpation of the tendon, pain localized to the tendon on resisted movement, crepitations on palpation over the tendon, or the presence of warm, swollen tendons on palpation."
"Tendinitis, tenosynovitis (Ellis, Thompson, Cailliet, Cyriax)
Subjective: Localized pain and or swelling over muscle-tendon structure.
Physical Examination: Pain exacerbated by resisted motions, possibly fine crepitus on passive ROM (Range of Movement), no pain on passive ROM. Pronounced asymmetrical grip strength."
30. Le travailleur atteint d'une maladie non prévue par l'annexe I, contractée par le fait ou à l'occasion du travail et qui ne résulte pas d'un accident du travail ni d'une blessure ou d'une maladie causée par un tel accident est considéré atteint d'une maladie professionnelle s'il démontre à la Commission que sa maladie est caractéristique d'un travail qu'il a exercé ou qu'elle est reliée directement aux risques particuliers de ce travail.
«La revue de la littérature médicale récente nous a permis de définir avec assez de précision les notions de mouvements répétitifs et de microtraumatismes. Ces activités manuelles susceptibles de causer des lésions comportent ces différentes caractéristiques:
1-leur rapidité excessive d'exécution
2-l'importance des forces musculaires en cause
3-l'utilisation maximale de l'amplitude articulaire
4-leur exécution pendant des périodes de temps continues et prolongées
5-l'inexistence de mouvements variés
6-l'existence de certaines conditions bio- mécaniques défavorables qui rendent plus difficile l'exécution du travail.
Lors de la visite des lieux de travail à la Société Canadienne des Postes et au cours de l'étude de la vidéo cassette illustrant les divers postes de travail, nous n'avons pu retrouver de véritables mouvements répétitifs(10) microtraumatismes tels que définis plus haut. Au cours de toutes ces tâches, les mouvements et gestes articulaires étaient loin d'atteindre les limites et l'amplitude normale de ces articulations. Il n'y avait pas de mécanisme vibratoire, ou de risque de contusion répétée donc, aucun microtraumatisme possible.
Les activités qui peuvent être considérées comme des mouvements à cadence élevée, activités de codage au PDC, n'exigent aucune véritable amplitude articulaire, ni aucun effort significatif, ni aucune force musculaire et enfin il existe une possibilité de variations de mouvements, d'arrêts et de pauses amplement suffisantes pour que cette activité ne soit absolument pas jugée à risque. Même si ce travail devait s'effectuer sur un quart complet, il ne serait pas question de la considérer à risque et nous ne pouvons pas concevoir comment il pourrait être à l'origine d'un processus inflammatoire dû à des mouvements répétitifs.
Par ailleurs, nous ne pouvons concevoir également, comment une somme de quelques une de ces tâches, exécutées l'une derrière l'autre pendant un même quart de travail, pourrait représenter un mouvement répétitif. Même exécuté sur un quart complet de travail chacune de ces tâches ne pourrait contenir de mouvements répétitifs, pas plus que de microtraumatismes. Le fait d'effectuer deux ou plusieurs tâches successivement ne fait qu'augmenter la variation des mouvements, et ne modifie en rien les autres caractéristiques inhérentes à chacune d'elles.
Tous les médecins ayant participé à cette étude ont acquis la même certitude à savoir: qu'il n'y a pas tout au long de la chaîne de traitement du courrier de véritables mouvements répétitifs, pas plus qu'il n'y existe de microtraumatismes. En d'autres termes, aucun des gestes compris dans les tâches aux dix postes de travail décrits dans l'étude ne peuvent être considérés comme une cause de maladie professionnelle par microtraumatismes ou par gestes répétitifs.
Nous serions du même avis, même si un employé devait exécuter l'une des dix tâches en question pendant tout un quart de travail. Cela, à la condition que l'employeur conserve le même système d'allocation de pauses repos à intervalles réguliers. Car, et nous tenons à le souligner à nouveau, il nous a effectivement semblé que l'employeur s'est efforcé de minimiser les risques de surmenage musculaire en assurant aux employés des conditions posturales et d'environnements propices à l'exécution de leur travail.»
«Il existe de solides preuves épidémiologiques en faveur de l'existence d'une relation de causalité entre un travail répétitif, exigeant de la force, et le développement d'affections musculo- squelettiques des tendons et des gaines tendineuses au niveau des mains et des poignets de même qu'entre ces expositions et le syndrome du canal carpien. L'étude de Silverstein et al est la seule à satisfaire à tous les critères plus rigoureux sur le plan méthodologique et elle a mis à jour les associations les plus fortes entre les expositions ergonomiques et ces lésions. Cette étude a également permis de démontrer que la répétitivité par elle-même peut être un facteur de risque. L'étude a également démontré que les facteurs personnels tels que l'âge et les activités récréatives ne représentaient pas des facteurs de risques significatifs, d'un point de vue statistique, dans les populations étudiées et que le sexe du sujet constituait un facteur de risque beaucoup moins important que la force et la répétition.
Même si d'un point de vue épidémiologique la qualité de la preuve est moins rigoureuse que dans l'étude de Silverstein et al, un certain nombre d'autres études concluent à l'existence d'une relation entre les facteurs ergonomiques et les affections du coude, de l'épaule et du cou. Les études de Bjelle et al et de Vihma et al suggèrent que des facteurs tels que les positions du cou,
de l'épaule et du coude ainsi que la charge statique des muscles peuvent jouer un rôle dans les lésions du coude, du cou et de l'épaule et doivent être examinés plus attentivement. Certaines études ergonomiques portant sur l'inconfort postural vont également dans le même sens. L'étude de Silverstein et al n'a pas été conçue pour examiner ces facteurs d'exposition, ce qui pourrait expliquer ses résultats négatifs quant aux lésions proximales. La poursuite de recherches comprenant des mesures de l'exposition plus affinées s'avère nécessaire afin de confirmer la relation entre les facteurs ergonomiques et les affections du coude, de l'épaule et du cou que les études mentionnées ici ont commencé à démontrer.»
«Les conclusions principales de la revue de la littérature sont exposées dans le texte du Dr Susan Stock et des Docteurs Bergeron et Morand. Nous ne reprendrons ici que quelques commentaires concernant les facteurs de risques ergonomiques en lien avec le travail.
Dans la littérature, on trouve de nombreux rapports concernant les maladies musculo- squelettiques des membres supérieurs chez les personnes exposées à divers types de gestes répétitifs. Les facteurs de risque en rapport avec la tâche qui sont les plus souvent cités se regroupent dans les catégories suivantes: la répétition (fréquence), la posture (amplitudes de mouvement, postures contraignantes), la force dynamique et la charge statique. Le tableau I reproduit une liste de facteurs de risque associés à diverses pathologies musculo-squelettiques des mains, poignets et coudes et le tableau II identifie des facteurs associés à des problèmes cervicobrachiaux.
Dr Susan Stock présente une analyse critique de cette littérature selon des critères rigoureux de validité au plan épidémiologique. Son analyse démontre qu'il existe un niveau de preuve élevé en ce qui concerne l'existence d'une relation de causalité entre des tâches comportant des gestes répétitifs des membres supérieurs et les maladies musculo-squelettiques au niveau des mains (tendinites, ténosynovites, syndrome du tunnel carpien).
L'étude considérée comme étant la plus solide du point de vue épidémiologique (Silverstein et al.) identifie comme facteurs de risque principaux la répétition élevée (cycles de moins de trente secondes), et l'usage de force par les mains (plus de 40 N). Chacun de ces facteurs représenterait en soi un risque accru. De plus, l'association de ces deux facteurs résulterait en un risque beaucoup plus grand que chacun pris individuellement.
Les études traitant des épicondylites, des tendinites de l'épaule et des myalgies cervico-dorsales sont plus faibles du point de vue épidémiologique.Certaines de ces études n'ont pas mesuré les expositions ergonomiques de façon précise mais ont plutôt présumé de l'exposition à partir du titre d'emploi. D'autres études n'avaient pas de mesures d'effets cliniques bien définies. Par conséquent, elles ne fournissent pas un niveau de preuve du même degré de certitude que pour les pathologies des mains et des poignets.
Cependant, les résultats de ces études sont consistants et suggèrent une association positive entre les pathologies étudiées et le travail. Ces nombreuses études nous fournissent des indications sur plusieurs facteurs de risque présumés contributifs et sur lesquels on peut tenter d'agir lorsqu'il sont rapportés dans le milieu. Par exemple, on associe le travail avec les bras élevés au-dessus des épaules à des tendinites de la coiffe des rotateurs et à des cervico- brachialgies (tension neck syndrome etc). Plusieurs articles ont également suggéré un lien entre les gestes répétitifs au niveau distal (mains et poignets) et des pathologies cervico-brachiales lors d'activités de travail telles que l'empaquetage et l'entrée de données sur micro-ordinateurs. Ce lien peut être expliqué par les contractions isométriques nécessaires au niveau proximal afin de positionner la main qui doit effectuer les gestes répétitifs.
La littérature ne fait pas consensus sur une façon de définir un seuil pour les divers facteurs de risque: on peut néanmoins identifier pour chaque poste de travail concerné par l'étude certains facteurs ergonomiques reconnus. C'est ce que nous tenterons de faire dans le chapitre suivant.»
(Notre soulignement)
«4.1 PDC
4.1.1 PDC Alimentation
Épaules:
L'étude met en évidence à ce poste l'élévation des bras en position soutenue à la hauteur des épaules, soit en abduction de 90? ou en flexion antérieure de 90?. [...] Cela veut dire que pendant la majeure partie du temps, l'employé-e travaille en position statique pour les épaules, en abduction ou en flexion antérieure.
Mains et poignets:
Certaines postures des mains et des poignets peuvent comporter un risque.
1)la pression exercée avec les paumes des mains ou les doigts en extension lors de la manipulation des paquets de lettres à deux mains, la méthode de travail pour la majorité (83.1%).
Pour la minorité qui travaille avec une seule main, le geste à risque est la pince palmaire pour la main active.
2)le geste de pince des deux mains lors de la manipulation des corbeilles. En effet, chaque corbeille pèse en moyenne 7.4 kg, et les corbeilles canadiennes ne possèdent pas de poignées. Les employés- ées doivent associer une certaine force au geste de pince pour manipuler les corbeilles ce qui ne serait pas nécessaire si elles étaient conçues avec poignée (comme celles du US Post Office). [...]
4.1.2 PDC Vidage
Épaules:
Le geste pour placer les paquets de lettres dans les corbeilles respectives nécessite une flexion antérieure de l'épaule de 90? du membre actif (le droit dans la majorité des cas). [...]
Il y a également répétition de gestes impliquant une flexion antérieure de l'épaule à 90? pour saisir chaque corbeille de 7.4 kg afin de la déposer sur le convoyeur à hauteur de coude. [...]
Mains et poignets:
Au niveau de la main, il y a utilisation répétée (4 000 cycles/7 heures de travail, ou 2 000 cycles pour une demie journée) de la pince palmaire lors de la manipulation des paquets de lettres.
4.1.3 PDC Codage
Épaules:
Lors d'une étude antérieure, il a été démontré que si une personne au poste de codage se tient droite sur sa chaise, elle tient son épaule droite en abduction de faible amplitude mais sans appui et pendant des périodes de temps prolongées. Pendant ce temps l'épaule effectue aussi des mouvements répétés de flexion/extension afin de suivre les gestes de codage de la main à une fréquence d'un cycle flexion-extension par seconde en moyenne. Cependant, les postures de travail peuvent varier et certaines personnes penchent le corps vers la gauche afin de soulager l'épaule droite.
Mains et poignets:
La même étude démontre qu'un tiers des personnes effectuent des mouvements répétés de flexion/extension du poignet. Par ailleurs, il y a sollicitation répétée des fléchisseurs et des extenseurs des doigts de la main travaillant sur le clavier.
[...]
Épaules:
Les postures observées pour les épaules étaient principalement les abductions répétées à 60?. Cependant, tous les travailleurs observés étaient des hommes et on émet l'hypothèse que l'angle pourrait être plus grand pour des femmes plus petites.
Mains et poignets:
Au niveau des mains et des poignets on observe des gestes répétés impliquant la pince, surtout de la main gauche. La manipulation des corbeilles également nécessite l'utilisation de la pince des deux mains, avec une certaine force, compte tenu de l'absence de prise tel que mentionné plus haut. [...]
4.2.2 MTL Vidage
Épaules:
Pour l'épaule, les gestes difficiles à ce poste sont la prise des paquets dans les casiers du premier et du deuxième étage. En effet, il y a flexion antérieure de l'épaule à 90? pour atteindre un casier du 2e étage tandis que la flexion antérieure est au- dessus de 90? pour le premier étage. Le bras gauche est plus souvent utilisé. [...]
Il y a également élévation du bras à la hauteur des épaules (abduction) lors du dépôt d'un paquet dans une corbeille au niveau du premier étage d'un sapin [...].
Mains et poignets:
La main qui saisit le paquet de lettres fait un geste de pince à répétition. Il s'agit le plus souvent de la main gauche (71.3%).
Par contre, un ou plusieurs élastiques sont posés sur 82.7% des paquets, ce qui nécessite l'extension du pouce et des doigts contre la résistance de l'élastique, ainsi que des mouvements du poignet qui varient selon plusieurs méthodes utilisées. Il s'agit surtout de la main droite.
[...]
4.3 Lecteur optique de caractère (LOC)
4.3.1 LOC Alimentation
Épaules:
Au poste d'alimentation, il y a des répétitions de flexions antérieures de l'épaule. Cependant, à cause d'une conception différente de la machine PDC du poste d'alimentation, l'employé-ée n'a pas à élever les bras aussi haut et l'angle de flexion des épaules demeure inférieur à 90?.
Mains et poignets:
Il y a également des répétitions de mouvements de pince en particulier pour les employé-es qui prennent les paquets d'une seule main. La pince se retrouve également à la manipulation des corbeilles, dont le poids moyen est ici de 6.7 kg. [...]
4.3.2 LOC Vidage
Épaules:
A ce poste les employés-ées s'appuient l'abdomen contre le rebord des tasseurs avec une flexion antérieure du tronc et avec les bras en flexion antérieure approchant 90? saisissent les paquets de lettres à transférer aux corbeilles d'une main tout en repoussant le tasseur de l'autre main. [...]
Mains et poignets:
Par ailleurs, au niveau des mains et des poignets, presque toutes les prises (92%) se font d'une seule main. On retrouve encore le geste de pince à répétition avec les mêmes cycles et aux mêmes fréquences que décrites pour la flexion antérieure du bras.
A ce poste également nous retrouvons la manipulation des corbeilles (poids moyen 8 kg) avec geste de pince des mains. [...]
4.4 Machine à trier les grands objets plats (MTGOP)
[...]
4.4.1 MTGOP Alimentation
Épaules:
A ce poste, lorsque la travailleuse dépose un paquet de lettres sur la table de la codeuse il y a flexion antérieure des épaules à 90?. La répétition se fait à toutes les huit secondes. [...]
Mains et poignets:
Par ailleurs, la manipulation des corbeilles (moyenne de 6.4 kg) à ce poste nécessite l'utilisation de la pince. [...]
4.4.2 MTGOP Codage
Mains, poignets et épaules:
A ce poste le bras gauche manipule les enveloppes et les insère dans la fenêtre d'alimentation de la machine. Selon la méthode de travail de l'employé-ée il peut y avoir des gestes répétés soit de dorsiflexion, soit de flexion palmaire du poignet, à un rythme d'une fois par seconde [...].
Quant à la main droite, celle-ci code les trois derniers chiffres du code postal sur un clavier. Il y a donc sollicitation répétée des fléchisseurs et des extenseurs des doigts.
Épaules et coudes:
Selon la méthode de travail préférée par l'employé-ée il y aura soit des gestes répétés de dorsiflexion du poignet, soit moins de dorsiflexion du poignet mais davantage une charge statique sur l'épaule parce que le coude n'est pas appuyé.
4.4.3 MTGOP Vidage
La caractéristique principale de ce poste semble être la charge de travail globale du corps beaucoup plus élevée qu'aux autres postes, à cause des nombreuses flexions antérieures du tronc, la place importante qu'occupe à cette tâche la manipulation des corbeilles, les déplacements plus grands et le rythme de travail. Il n'y a pas à ce poste d'élévation des bras au-dessus des épaules. Par contre, le geste de pince pour les mains se retrouve ici pour la manipulation des corbeilles. A ce poste, les corbeilles pèsent en moyenne, 4,4 kg, ce qui est moins élevé qu'aux autres postes. [...]
[...]»
«[...] nous pouvons conclure que d'une rotation à l'autre on retrouve certains facteurs de risque, soit:
- gestes répétitifs des membres supérieurs;
- certaines postures à risque;
- la présence d'efforts statiques au niveau de la ceinture scapulaire.
[...]
Non seulement y a-t-il répétition de certains gestes à risque entre les rotations à PDC, MTL, LOC et MTGOP mais souvent on retrouve d'une rotation à l'autre à l'intérieur de l'affectation de la semaine sur une machine entre l'alimentation, le codage et le vidage les mêmes types de gestes.
On doit s'attendre à ce que la rotation entre les postes comme moyen de prévention des effets nocifs de ces tâches répétitives soit d'efficacité relative puisque tous les postes comportent des gestes répétitifs des membres supérieurs. La rotation de poste ne pourra donc pas prévenir les problèmes musculo-squelettiques chez plusieurs personnes.
Les postures à risque retrouvées sont en particulier, la pince au niveau des mains et l'élévation du bras au-dessus de l'épaule. On retrouve également la flexion/extension des doigts, et la flexion/extension du poignet.
Les efforts statiques au niveau de la ceinture scapulaire se retrouvent par exemple lors des postures soutenues des bras à la hauteur ou au-dessus des épaules à certains postes. Il se retrouvent aussi lors des gestes répétitifs des mains et des poignets à cause des contractions isométriques nécessaires afin de positionner la main et le bras pour effectuer la tâche.
Les facteurs identifiés sont à risque pour les lésions des tissus mous (muscles, tendons, articulations, syndromes de compression) qui peuvent se situer au niveau de la région cervicale, de la ceinture scapulaire et des membres supérieurs. Il s'agit donc de tendinites ou ténosynovites des mains et des poignets, de syndromes de compression (par exemple, canal carpien, canal de Guyon, etc), des épicondylites, ou des tendinites de l'épaule, des syndromes myalgiques cervico-brachiaux ou cervico- dorsaux, etc.
Pour la population des travailleurs-euses oeuvrant à l'ensemble de ces postes en rotation, il y a présence, à divers degrés, de tous les facteurs de risque identifiés.
Tout en reconnaissant qu'en matière de réparation, chaque cas indemnisable doit être jugé individuellement, et en reconnaissant également qu'il n'y a pas actuellement de consensus quant au seuil critique pour divers facteurs de risque ainsi que l'association de plusieurs facteurs, il est néanmoins possible d'affirmer que le travail des commis PO4 affectés au tri mécanisé des lettres est "un travail impliquant des répétitions de mouvements ou de pressions sur des temps prolongés".
Nous pouvons également affirmer que les facteurs de risque identifiés au travail sont compatibles avec les pathologies musculo-squelettiques comprises dans la liste de diagnostics mentionnée précédemment soit: des bursites, tendinites de l'épaule; myalgies/fibromyosites du trapèze; épicondylites; tendinites des fléchisseurs des doigts et tendinites/ténosynovites des mains et des poignets.»
(Notre soulignement)
«-La notion de répétition. Cette notion comprend aussi les facteurs de vitesse et de précision dans la répétition du geste.
-La notion de force. Notion qui sous-tend dans le contexte d'une atteinte tendineuse, la tension appliquée sur le tendon via l'action musculaire.
-La notion de position défavorable. Cette notion comprend principalement le problème des contraintes latérales imposées aux tendons. Cette contrainte, telle que démontrée par Macnab, conduit rapidement à une lésion du tendon.
-La notion de repos insuffisant.»
«Mais si le phénomène inflammatoire s'est créé, la même activité peut le recréer et créer une inflammation qui se régénère tous les jours avec un nouveau microtraumatisme. Donc le phénomène d'auto-entretien de l'inflammation, je pense que la meilleure explication, ça va être vraiment dans le texte de Duranceau que vous allez la trouver, avec les appuis qui vont avec, et Armstrong qui donne un peu la même chose.
Donc, il faut prendre en considération le processus de guérison avec le temps et, en deuxième lieu, la force du tissu qui est en voie de régénération, il n'a pas atteint ses possibilités mécaniques et, là, il est très vulnérable. Et si on refait le même geste, le même mouvement, on met les tensions aux mêmes endroits, vous pouvez le rebriser et recréer l'inflammation et, là, vous retombez à la case zéro.»
«Les différences entre la position au PDC et les activités comme l'alimentation, c'est qu'au niveau du PDC, l'activité est soutenue. Donc, à toutes fins pratiques, la moyenne, elle est probablement faible, mais d'autre part, soutenue. Et cette composante-là, elle est primordiale dans la composante vasculaire. Et s'il y a une contraction soutenue, la vascularisation, elle est moins favorable et peut conduire à une souffrance du tissu et, si elle est soutenue, à la lésion.
Quand on va dans un mouvement où c'est moins soutenu, comme le remplissage ou l'alimentation, à toutes fins pratiques, on change la problématique. On évolue vers des pressions qui sont certainement plus importantes. Donc, on a des forces maximales qu'on ne peut évaluer avec les études qui ont été faites aujourd'hui, mais qui peuvent osciller de façon plus près du maximum que ce qu'on retrouve au niveau du pupitre de codage, et je le partage tout à fait.
Il y a une pince qui se fait pour soulever le cabaret, il peut y avoir un risque d'échappement, on en a parlé à un moment donné, et la force instantanée peut devenir près de la force maximale que l'individu peut aller chercher et, à ce moment-là, devenir un mécanisme lésant d'autre nature que le premier et tout à fait différent, mais, quand même, qui amène un stress sur le tissu vivant qui est sur place.»
«Le cas de Mme Grégoire-Larivière présente certaines particularités. La question qui nous est posée est à l'effet de savoir si l'épisode survenu en 1986 est ou non causé par le travail. Or, nous connaissons de la preuve le fait que Mme Grégoire-Larivière a eu un problème identique en 1984. De par son témoignage, Mme Grégoire-Larivière nous informe également que la symptomatologie n'a jamais complètement cessé entre 1984 et 1986.
Dans ce cadre bien précis il nous faut conclure que nous sommes, en 1986, en présence d'un tendon rendu plus vulnérable par l'épisode de 1984. Dans cette optique, les facteurs de risque déjà identifiés relativement aux activités de travail de Mme Grégoire-Larivière, liés ou ajoutés à cette vulnérabilité préexistante du tendon, nous explique de façon encore plus évidente l'apparition d'une pathologie incapacitante en 1986. En résumé, l'analyse de la situation en 1986, soit l'analyse des facteurs de risque reliés au travail nous permettent de croire à la relation directe entre le travail et l'apparition de l'épitrochléite. Lorsque nous ajoutons à cette analyse l'examen de la condition antérieure créée par l'événement de 1984, nous pouvons également conclure, de façon prépondérante, qu'il y a, en 1986, aggravation de l'épisode survenu en 1984.
[...]
Nous pouvons reprendre, dans le cas de Mme Corbeil, les remarques que nous avons mentionnées dans le cas de Mme Grégoire- Larivière. En effet, nous constatons l'apparition de la pathologie de 1984. Dans un tel contexte, les épisodes qui suivent pourront être considérés aussi bien comme une récidive, une aggravation (dans la mesure où le problème tend à devenir chronique) de l'épisode initial, que comme étant l'apparition d'une pathologie, causée par le travail, sur un tendon déjà vulnérable.»
«Du point de vue structural, l'attache ostéo- tendineuse est très particulière en raison des cellules de jonction (fibres de Sharpey) du moins pour les cas d'épitrochléite et d'épicondylite. Cette architecture présente également une problématique biomécanique tout à fait différente des autres cas puisque la jonction correspond à un volume solide sans glissement et sans frottement. La nature des contraintes mécaniques possibles fait appel à des mécanismes qui n'ont en commun avec les autres structures que les forces qui s'y exercent. Ici il est important de bien faire la distinction entre la force exercée sur une structure et la réaction (contrainte) qui résulte de cette force sur la structure.»
«Pour mieux comprendre la nature des contraintes possibles et ses modalités au niveau de ces points d'attache, considérons un câble multi-brins que l'on déposerait sur la surface d'une table et où on en collerait un bout. Qu'arrive-t-il alors si on tire sur le câble dans la direction initiale où il fut collé? Dans ces conditions, l'effort de traction va se transmettre en contrainte de tension dans l'ensemble de la jonction non déformable. Pour qu'il y ait bris ou micro-rupture dans ce mode de sollicitation, il faudra exercer des forces d'une grandeur telle qu'elles ne pourront être fournies par les muscles. De tels efforts ne sont possibles que s'ils proviennent de l'extérieur. On comprend dans ces conditions que des forces d'impact ou des efforts impulsionnels (chocs, vibrations) puissent être mis en cause pour ce genre de pathologies dans des activités comme le tennis, le golf, l'utilisation du marteau et certains outils à percussion. Même dans ces conditions, la répétition de ces activités n'entraîne des pathologies que dans un nombre restreint de cas. Cela peut s'expliquer par des conditions particulières (mode opératoire particulier, inadaption, fréquence de répétition, conditions personnelles, conditions angulaires, etc.)
Si l'on reprend cet exemple alors que la traction est exercée non plus dans l'axe initial du collage mais dans une autre direction, la nature des contraintes sera différente. En effet, la jonction étant un volume "indéformable" soumis à des efforts de traction dans des directions différentes de l'axe de l'arborescence Sharpeyenne, apparaîtra des contraintes de cisaillement et de compression en plus des contraintes en tension. Cela signifie que pour une même force de traction, l'énergie de déformation ne sera pas distribuée uniformément dans la jonction créant ainsi des zones plus fortement contraintes que dans le cas d'un effort de traction exercé dans l'axe de l'arborescence de Sharpey.
Autrement dit, sans entrer dans le détail, on peut comprendre qu'à certains angles, les mêmes efforts de traction créent des contraintes plus grandes rendant ainsi vulnérables la jonction à des micro-ruptures qui s'apparenteraient dans ce seul cas à la notion de "fatigue des matériaux".»
[Notre soulignement]
«TRAVAIL AU PUPITRE DE CODAGE
Il s'agit d'un travail qui s'apparente en nature à celui de dactylographie, mais de beaucoup moins exigeant du point de vue musculo-squelettique et biomécanique. Nous référons bien sûr ici aux dactylographes modernes où la pression à exercer sur les touches est beaucoup plus faible que sur les anciennes machines (100g).
[...]
Le travail de dactylographie se prête très mal à l'appui des membres supérieurs en raison d'une zone relativement grande à couvrir, ce qui n'est pas le cas du PDC. En somme, sur ce point, cela signifie qu'il n'y a pas de travail musculaire statique des membres supérieurs qui soit contraignant au PDC alors que dans le travail de dactylographie cette situation existe. A l'observation, nous avons noté une grande variété de modes opératoires et de variations de modes opératoires, ce qui constitue une preuve de l'absence de contrainte en terme de travail musculaire statique. En effet, les modes opératoires concernant principalement les articulations mises en jeu (doigt ou poignet ou coude ou épaule) sont avec ou sans appui au gré des personnes sur le bord antérieur du boîtier du clavier ou sur l'appui-bras. L'examen de ces boîtiers montre non seulement la disparition de la peinture mais également l'usure de l'acier. Il s'agit là d'un fait objectif confirmant hors de tout doute nos observations.
[...]
Du point de vue énergétique global le travail au PDC est très léger et il en va de même pour le travail musculaire local si l'on se réfère à Scherrer. En ce qui concerne la vitesse d'exécution du travail, nous n'avons pas été autorisés à relever des temps en vertu d'une disposition de la convention collective où nous avons été assimilés à l'employeur plutôt qu'à des experts. Toutefois, nous relevons dans le rapport ISLER p. 11 un cycle de 1 seconde pour l'épaule. Or, qu'il s'agisse de l'épaule, du coude, du poignet ou des doigts, ces fréquences sont toutes inférieures à 20, sauf pour les doigts: 25%, des vitesses maximales (Amar, McCormick). Au PDC par exemple, la force requise est de 1.75 oz alors que la force maximale recommandée dépasse 5.3 oz (Human Scale). Or, on considère comme optimales des vitesses de l'ordre du cinquième de la vitesse maximale dans les efforts répétés pour des forces qui atteignent 50% de la force maximale (Scherrer). Il s'agit de considérations découlant de l'étude du travail sur une période d'environ 1 siècle. Ces mêmes considérations s'appliquent aux autres postes de travail (tri manuel des lettres, tri manuel des colis, alimentation au PDC, manipulation de corbeilles, etc.).
[...]
ALIMENTATION ET VIDAGE (PDC-LOC-MTL-MTGOP)
En ce qui l'alimentation en lettres au MTL, [...] les paquets de lettres les plus gros pris à une main sont de l'ordre de 2 lb soit le cinquième de la force maximale (9 lb) pour la femme la plus faible (Human Scale (33). Si les paquets sont pris à deux mains avec un poids de l'ordre du kg à un cycle de 8 sec. (Vézina 1989 p. 143), il s'agit donc d'une fréquence environ 10 fois moins élevée que l'optimum alors que les forces en jeu dans la pire situation (bras en pleine extension) sont de l'ordre de 25% de la force maximale pour les femmes les plus faibles (Human Scale (33). En effet, v max = 240/min. soit 4/sec et 20% de 4/sec = 0.8/sec donc pour un cycle de 8 secondes on a un facteur de 10. De plus, l'employé est libre de prendre des paquets de la dimension qu'il veut et il est libre de le faire à une ou deux mains. Ces mêmes considérations s'appliquent aux LOC, PDC et MTGOP alimentation et vidage. On notera également que nous ne tenons pas compte ici de la rotation sur les postes.
En ce qui concerne les forces requises pour une saisie d'enveloppes à deux mains, les forces maximales vont de 7.3 lb pour la femme la plus faible à 100 lb pour les hommes les plus forts (Human Scale (33) p. I: 8.1 x .9 = ± 7.3 et p. II: 111 x .9 = ± 100 lb). Les paquets les plus gros sont de l'ordre de 2 lb, ce qui correspond à une force de 3.2 lb mesurée au dynamomètre. On peut déduire de cette mesure que le coefficient de frottement statique (M) limitant est ici de 0.31 puisque: 2 x F = W/M i.e. 2 x 3.2 lb = 2/lb/M. Cela est tout à fait en accord avec les coefficients de frottement statique que nous avons mesurés et qui varient de 0.31 à 0.35 selon la nature du papier alors que le coefficient de frottement statique main-papier varie de 0.40 à 1.2 selon l'humidité de la peau. Pour les femmes les plus faibles, il faut comparer 7.3 lb à 3.2 lb pour les plus gros paquets de lettres que nous imaginions qu'elles pourraient saisir, mais cela n'a pas été observé. En effet, les paquets de lettres saisis à deux mains sont moindres qu'un cabaret entier alors qu'une force requise de la part des mains de 3.2 lb correspond à un cabaret entier.
La force de 3.2 lb mesurée au dynamomètre sur un paquet de 12 po comprimé à 6 po surestime la force réelle requise par les mains puisque dans ce cas la compression (diminution d'épaisseur) n'est que de 28% (22.25 po réduit à 16 po) au lieu de 50% (12 po à 6 po). Ainsi, un cabaret entier 22.25 po) nécessite une force de 3.3 lb puisque: (22.25 po/12po) x 3.2 lb x 28/50) = 3.3 lb. Il est donc clair que ces efforts (nettement surestimés) même pour la femme la plus faible sont plus qu'acceptables vu une fréquence de 10 fois inférieure à la fréquence optimale.
[...]
MANUTENTION DES CORBEILLES
En ce qui concerne la manutention des corbeilles, nous avons mesuré des poids de 12 à 18 lb (14 lb pour Vézina 1989 p. 147) et un cycle de 14 secondes (Vézina 1989, p. 147) donc une fréquence de .07/sec. Pour les femmes les moins fortes la force serait de 9 lb par main en prise latérale en supposant l'absence totale de rebord. La femme moyenne peut exercer une force de 13 lb par main (Human Scale (33). D'autres auteurs (Isometric muscle strenght of adult men and women 1961, p. 4) donnent dans ces conditions une force de soutien de l'ordre de 17.5 lb par main (Thumb-pressure). Malheureusement, les forces disponibles ne peuvent être traduites dans l'activité en question et cela pour deux raisons:
1.Nous ne connaissons pas le coefficient de frottement des mains sur le matériau ni ses variations avec les individus.
2.La présence d'un léger rebord change complètement l'interprétation des forces de prise latérale requises en les réduisant.
Il serait possible de réaliser une brève étude en vue d'obtenir les ordres de grandeur des phénomènes désirés.
Cependant, nous savons deux choses qui rendent non nécessaire cette étude:
1.Cette activité de manutention par prise latérale est possible puisqu'on l'observe.
2.Comme les employés ont l'entière liberté de saisir les corbeilles autrement i.e. les saisir comme tous les manutentionnaires de boîtes de cartons (activité de manutention la plus répandue) i.e. par le dessous après l'avoir légèrement basculée.
Il ne fait aucun doute que les employés utiliseraient cette alternative avant que ne se développe une pathologie musculo- squelettique. De plus, l'activité de prise latérale ne pourrait conduire per se qu'à un problème de flexion du pouce.
En ce qui concerne les angles segmentaires, les figures tirées de Human Scale (33) montrent les diverses amplitudes angulaires pour lesquelles l'organisme humain est conçu. A l'intérieur de ces plages, on distingue des plages de confort. Ces dernières ne sont pas toujours situées aux mêmes amplitudes selon les activités et le rôle de la gravité pour une posture donnée. Un exemple de plage de confort est illustré dans Human Scale (33). D'une façon très générale, ces plages se situent aux environs des bissectrices des amplitudes angulaires. Il est bien établi que dans ces plages, les forces sont supérieures, les vitesses d'exécution sont les plus grandes et la précision la plus haute. On connaît assez bien les mécanismes physiologiques et biomécaniques qui supportent ces concepts. Or, dans les diverses activités observées, les plages angulaires sont dans les zones optimales, à une exception près, celle du bras étendu en position gravitaire qui cependant n'implique pas un effort d'extension musculaire, mais plutôt une limitation ostéo-ligamentaire n'intéressant pas les tendons du membre supérieur.
La discussion précédente concerne les mouvements et certaines postures seulement.»
«Il est clair que dans les postes de travail en question, ni la grandeur des efforts, quelles qu'en soit la cadence ou la durée, ni les angles de sollicitation (optimaux au codage) ne nous autorisent à explorer des hypothèses de causalité d'épitrochléites ou d'épicondylites.»
"Both pronator quadratus and pronator teres are active during pronation, the consistent prime pronating muscles being the pronator quadratus. This is true irrespective of the positions of the forearm in space or the angulation of the elbow joint. In general, the pronator teres is called in as a reinforcing pronator whenever the action of pronation is rapid. Similar reinforcement occurs during pronation against resistance.
Whether pronation is fast or slow, the activity in the pronator quadratus is markedly greater than that in the pronator teres. This observation conflicts with the opinions offered in a number of the internationally recognized textbooks (Steindler, 1955; Johnston, Davies and Davies, 1958; Hamilton and Appleton, 1956; Lockhart, Hamilton and Fyfe, 1959). Some writers sit squarely on the fence and suggest that both muscles pronate without preference. Only two books suggested before 1960 that the pronator quadratus is the main pronator (Hollinshead, 1958; Basmajian, 1960).
A number of authors have likewise expressed the view that the pronator teres displays its greatest activity either during midflexion of the elbow (Steindler, 1955; Lockhart, 1951) or during full extension (Hamilton and Appleton, 1956; Hollinshead, 1958). However, we were surprised to find that, regardless of whether the pronating action is carried out swiftly or slowly, the angle of the elbow joint has no bearing on the amount of activity of the pronator teres."
"However, with the forearm prone, in the majority of instances the biceps plays little if any role in flexion, in maintenance of elbow flexion and in antagonistic action during extension, even with the load. Beevor (1903, 1904) stated that if the forearm is in supination the biceps acts during flexion when there is a resistance of as little as 120 g. but that in a position of complete pronation it does not act until the resistance is at least 2 kg. The results of our emg study support Beevor's observations in regard to flexion.
Bankov and Jorgensen (1969) convincingly showed that both in isometric and in dynamic contractions the maximum strength in the elbow flexors is smaller with the pronated compared with the supinated forearm. The integrated EMG of biceps was considerably reduced in the pronated forearm. Confirmatory studies were done by Settineri and Rodeiguez (1974)."
"Electromyograms recorded from brachioradialis (flexion) in three different positions of the forearm. Note the high electrical activity in brachioradialis and the "silence" in biceps when the forearm is pronated. In the supinated position, the biceps is very active but the brachioradialis contributes much less than in the pronated position. A training of the flexor muscles of the arm with the forearm pronated cannot be so effective if the aim is to improve the ability to perform with the arm supinated, since this position partly engages different muscles (By courtesy of Carlsöö)"
«l'épicondylite est une affectation de l'âge mûr qui survient après des efforts répétés et violents en extension, supination et déviation radiale contrariée.»
«Il n'y a aucun mouvement forcé de flexion. Il n'y a aucun choc, aucun micro-traumatisme qui puisse expliquer qu'elle ait pu faire un problème au niveau de son épitrochlée ou des muscles épitrochléens.»
«De plus, le tendon est un des tissus les plus pauvres en cellules. La surface de section d'un tendon est très petite et dans le cas du tendon d'Achille, par exemple, il présente moins de 1 cm de diamètre. Si des micro-lésions aussi minimes soit-elles devaient s'accumuler dans un contexte de réparation dépassée, très rapidement on arriverait au stade de la déchirure du tendon. Ce serait une question de quelques jours.
On ne peut en effet imaginer qu'un tel processus pathologique hypothétique mette des années à se manifester car plus il y aura de lésions, plus le tendon restant sera vulnérable et ce de façon exponentielle. Qu'en serait-il du tendon bicipital et du tendon sus-épineux qui ont une surface de section beaucoup plus petite? La conception donc de micro-lésions cumulées au point de dépasser, après plusieurs années (4, 5, 6 ans) le processus de réparation est une conception fondamentalement imaginaire et qui ne correspond en aucune manière aux données de la science médicale.»
«Q. C'est donc d'une sommation de microlésions qu'on est conduit à la macrolésion?
R. Dans un mécanisme de lésions progressives, oui. Des microlésions qui ne peuvent récupérer conduisent à une sommation. Et j'oserais même dire, comme l'a ajouté le docteur Gilbert, pratiquement à une vitesse exponentielle.»
"Cumulative trauma disorders are disorders of the soft tissues caused by repeated exertions and movements of the body. Although they can occur in nearly all tissues, the nerves, tendons, tendon sheaths, and muscles of the upper extremity are the most frequently reported sites. Other commonly used terms include the following:
There is no unanimous agreement about which of these terms is best, and arguments can be made for all of them. Some of the common characteristics ascribed to these disorders follow:
2. They involve both biomechanical and physiologic mechanisms
3. They may occur after weeks, months or year on the jobs
4. They may require weeks, months, and years for recovery
5. Their symptoms often are poorly localized and non-specific
6. They may have both occupational and nonoccupational causes.
Because there often is a long time between beginning work and the onset of cumulative trauma disorders, because they are not immediately life threatening and may go unreported, and because workers change jobs and employers, it is difficult to determine the exact morbidity patterns. Epidemiologic methods usually are required to isolate jobs, tools, areas, plants, or industries with excessive risk."
- Concepts pathologiques
"We should remember that epidemiology is the study of "illness" and not necessarily "disease". Many chronic pain patients could be classified as being "ill, but with no disease". It is the decision whether or not to be ill that can be influenced by legislation, and not the presence or absence of morbid anatomy."
- Constats de la Commission d'appel sur les concepts pathologiques
- Validité des études épidémiologiques
1- Il doit exister une relation temporelle, i.e. que la présence du facteur causal ou l'exposition au facteur de risque doivent précéder l'apparition de l'effet ou de la maladie.
2- On doit démontrer une forte association entre la cause et l'effet ou la présence d'une relation dose-réponse, i.e. qu'on retrouve un effet de plus en plus marqué à mesure que l'exposition au facteur causal augmente.
3- La fréquence de l'effet dans une population varie avec la fréquence de l'exposition.
4- L'association causale ne peut s'expliquer uniquement par des facteurs confondants, i.e. par des facteurs autres que ceux qui ont été mesurés.
5- L'association causale est biologiquement plausible.
6- L'association causale a été démontrée par d'autres chercheurs.
- Analyse des études épidémiologiques portant sur l'épitrochléite
SITE CTD |
LOF.LOR n=136 |
HIF.LOR n=153 |
LOF.HIR n=143 |
HIF.HIR n=142 |
TOTAL n=574 |
COU/ÉPAULE Entrevue Entrevue + Examen |
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COUDE /
AVANT-BRAS Entrevue Entrevue + Examen |
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CTD MAIN /
POIGNET Entrevue Entrevue + Examen |
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TENDINITE
MAIN /
POIGNET Entrevue Entrevue + Examen |
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SYNDROME
TUNNEL
CARPIEN Entrevue Entrevue + Examen |
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§ Risque relatif brut, p<.05 \ Risque relatif brut, p<.0001 ¶ Risque relatif brut, p<0.001 |
"Hand wrist CTDs were strongly associated with high force-high repetitive work and to a lesser extent associated with high repetitiveness or high force alone, irrespective of other factors. It is hypothesized that if postural attributes were considered, the observed associations would be even stronger. The prevalence of CTDs varied between plants with the direction of the associations, if not the magnitude, similar between exposure groups. This suggests that irrespective of the type of industry or product, jobs with similar force and repetitiveness attributes identified in this study would have similar risks for CTDs. These findings were not explained by confounding. [...]"
LOF.LOR | HIF.LOR | LOF.HIR | HIF.HIR | TOTAL | |
NOMBRE DE TRAVAILLEURS |
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NOMBRE DE CAS DE TENDINITE |
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% AFFECTÉS |
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RISQUE RELATIF |
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*P<0.001 |
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«Bjelle et al (8) ont mené une étude cas- témoins de la charge statique (mesurée par la durée et la fréquence des abductions ou des flexions antérieures de l'épaule supérieures à 60° à partir d'observations sur vidéo) chez des travailleurs suédois, employés à la fabrication de cabines de camion. Ils ont constaté que dans les cas de douleurs d'épaule et de cou, les charges statiques étaient beaucoup plus élevées que dans les groupes-témoins.
[...]
Vihma (70) a comparé la présence de douleurs récurrentes dans le cou ou les épaules, les coudes ou les avant-bras, les poignets et les doigts chez des opératrices de machines à coudre par rapport à un groupe de couturières. Il a constaté que les opératrices de machines à coudre présentaient beaucoup plus de douleurs dans le cou et les épaules».
«il semblerait avantageux que la fonction des doigts se limite essentiellement à l'adoption de la posture permettant de transmettre, à la touche convenable, l'énergie développée par le mouvement du poignet et du coude.»
«Pour la Commission d'appel, le principe de la stabilité juridique des décisions de la Commission tout comme celui de l'autorité de la chose jugée ne peuvent s'appliquer dans la présente cause. Les décisions de la Commission concernant les arrêts de travail de 1982, 1983 et 1984 ne sauraient valoir que pour les périodes concernées par ces arrêts de travail. Dès qu'une nouvelle réclamation survient, cette réclamation doit faire l'objet d'une nouvelle décision indépendante de celles antérieurement rendues et l'employeur a le droit de contester cette nouvelle décision. Les décisions antérieures à celles contestée conservent leur stabilité en ce sens que les périodes d'indemnités visées par ces décisions ne peuvent être remises en cause.»
«J'en arrive en effet à la conclusion que le déclenchement des symptômes de la maladie de Dupuytren chez l'appelant ou l'aggravation de cette maladie chez l'appelant n'est pas «relié directement aux risques particuliers» du travail de l'appelant (article 2 paragr. k) de la Loi sur les accidents du travail) ni «causé par le genre d'occupation auquel» l'appelant était employé (article 3 de la même loi).
Suivant le dossier, l'appelant souffrait de la maladie de Dupuytren avant de travailler comme livreur.
Toujours suivant le dossier, le déclenchement de symptômes de cette maladie ou l'aggravation de cette maladie pouvait survenir à la suite de n'importe quels travaux manuels nécessitant une certaine force. L'appelant n'aurait pas été livreur pour Brasserie O'Keefe Inc. mais manoeuvre quelconque ailleurs qu'il est probable qu'il aurait eu les mêmes ennuis. L'aggravation de sa maladie n'est donc pas reliée aux risques particuliers du travail de livreur et n'a pas été causée par ce genre d'occupation.»
1.IDENTIFICATION DES APPELS ET DE LEUR OBJET 2
2.PRÉAMBULE 3
3.DESCRIPTION DES POSTES DE TRAVAIL ET DES ACTIVITÉS DES TRAVAILLEURS QUI OCCUPENT L'EMPLOI DE CODEUR - RAMASSEUR - TRIEUR (PO4-CRT) 7
4.LES FAITS PERTINENTS À MADAME MONIQUE GRÉGOIRE-LARIVIÈRE 22
4.1 Témoignage de madame Monique Grégoire- Larivière 30
5.LES FAITS PERTINENTS À MADAME DIANE CORBEIL 33
5.1 Témoignage de madame Diane Corbeil 47
6. OPINION DES EXPERTS SUR LE DIAGNOSTIC 53
6.1 La Commission d'appel est-elle saisie du diagnostic? 57
6.2 Conclusion de la Commission d'appel 59
7.LES TRAVAILLEUSES BÉNÉFICIENT-ELLES DE LA PRÉSOMPTION DE MALADIE PROFESSIONNELLE ÉNONCÉE À L'ARTICLE 29 DE LA LOI? 72
7.1 L'énunération contenue au paragraphe 2 de la section IV de l'annexe est-elle exhaustive? 74
7.2 Conclusion de la Commission d'appel 75
7.3 L'épitrochléite est-elle une tendinite? 79
7.3.1 L'opinion des experts des travailleuses 86
7.3.2 L'opinion des experts de la Société 88
7.3.3 La littérature médicale 91
7.3.4 Conclusion de la Commission d'appel117
8.LES TRAVAILLEUSES ONT-ELLES SOUFFERT D'UNE MALADIE PROFESSIONNELLE AU SENS DE L'ARTICLE 30 DE LA LOI135
8.1 L'épitrochléite est-elle caractéristique du travail de PO4-CRT?136
8.1.1 Rapports d'experts versés au dossier138
8.1.2 Témoignage des experts des travailleuses157
8.1.3 Témoignage des experts de la Société164
8.1.4 Les études épidémiologiques183
- Concepts pathologiques188
- Critique des concepts pathologiques dans la littérature scientifique197
- Constats de la Commission d'appel sur les concepts pathologiques202
- Validité des études épidémiologiques206
- Analyse des études épidémiologiques portant sur l'épitrochléite226
8.1.5 Conclusion de la Commission d'appel 314
8.2 L'épitrochléite est-elle reliée directement aux risques particuliers associés au travail de PO4-CRT?319
8.2.1 Conclusion de la Commission d'appel329
9.LES TRAVAILLEUSES ONT-ELLES SUBI UNE AUTRE FORME DE LÉSION PROFESSIONNELLE350
9.1 Conclusion de la Commission d'appel352
AVIS :
Le lecteur doit s'assurer que les décisions consultées sont finales et sans appel; la consultation du plumitif s'avère une précaution utile.